Year: 1997
Type: article
Abstract: tard… la relève!24 images, (87), 20-31.-C. MARTIN: Oui, c'est ça.-C.BARIL: Il n'y en a pas d'échanges parce que, souvent, ils n'en veulent pas, de relève... Ce sont des milieux très fermés.-SYLVAIN L'ESPÉRANCE: Il y a quelque chose d'infantilisant là-dedans.Il y a des gens qui font des films depuis 10,15 ans et on dit encore d'eux qu'ils sont des cinéastes de la relève!-FRANCIS LECLERC: Pourtant, on n'arrive jamais en se présentant: «Bonjour, je suis un cinéaste de la relève» (rire général).-C. MARTIN: Ce mot est presque exclusivement devenu un terme de cinéma qui englobe tout ce qui se fait en se moment qu'on ne sait pas où mettre.Est-ce qu'on a déjà dit de Robert Lepage qu'il était la relève?-FRANÇOIS DEUSLE: C'est la même chose pour Forcier; à la sortie de ses premiers longs métrages, était-il vu comme un cinéaste de la relève?C'était un cinéaste tout court.Pour moi, un cinéaste de la relève, c'est ce que j'étais à mes débuts, quand je tournais en super 8 et que je présentais cela au Festival du cinéma super 8. Mais à un moment donné, on devient tout simplement cinéaste, scénariste ou autre chose.Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir besoin d'argent pour réaliser nos films er les institutions se déculpabilisent en créant de nouveaux créneaux (Aide aux jeunes créateurs, etc.) qui nous obligent à refaire continuellement le même petit film.-A. PARAGAMIAN: Mais la relève c'est justement une manière de justifiet la décision de faire des films à très petits budgets.-STEFAN PLESZCZYNSKI: Le mot relève, pour moi, indique l'espoir des institutions qu'un miracle se produise: rien n'esr là pour former les jeunes afin qu'ils prennent la relève, mais elles croient à la possibilité de faire la découverte de nouveaux talents sans avoir été obligées d'investir quoi que ce soit.-A. PARAGAMIAN: Le mot relève est aussi comme un slogan, «Le mot relève est aussi comme un slogan, qui crée un mouvement à partir de quelque chose qui n'existe pas.Et les slogans sont à la mode ces années-ci.»Arto Paragamian Cosmos.qui crée un mouvement à partit de quelque chose qui n'existe pas.Et les slogans sont à la mode ces années-ci.-F. LECLERC: C'est comme l'expression «jeunes créateurs»; j'ai un ami géomorphologue qui, à 33 ans, a décidé de faire un premier film dans le cadre d'un programme pour «jeunes créateurs».Il a eu le financement mais il avait déjà 34 ans: il avait l'impression qu'il ne serait plus jeune... dans un an! -C.BARIL: D'ailleurs ce programme, dans la lignée de tous ces programmes pour les moins de 35 ans, comme celui de l'Office franco-québécois de la jeunesse, a été créé surtout pour faciliter le travail des bureaucrates; pas pour nous.Des films de qualité... pour qui? -F.DÉLISLE: Avez-vous l'impression que les exigences qu'on a envers les jeunes cinéastes sont un peu trop élevées?Il y a un déséquilibre enrre le monrant que l'on demande et le film à livrer, alors que quand on voit les films produits dans le secteur industriel, il y 24 IMAGES N°87
Source: Érudit (Université de Montréal)
Authors: Sylvain L’Espérance, Catherine Martin, Arto Paragamian, F. Leclerc, Céline Baril, Stefan Pleszczynski, François Délisle, Marco de Blois, Philippe Gajan, Marie-Claude Loiselle, Claude Racine
Language: French
Topic: Cinema History and Criticism
Subfield: Visual Arts and Performing Arts
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: green
OpenAlex ID: W1155749067
