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La forme : enjeux poétique, politique et philosophique

Year: 2010
Type: article
Abstract: de La connaissance de l'écrivain (J.Bouveresse, 2008) et « Style ».Un mot et des discours, d'E.Bordas Philippe Jousset Jacques Bouveresse, La connaissance de l'écrivain.Sur la littérature, la vérité et la vie, Agone, 2008 Éric Bordas, « Style ».Un mot et des discours, Kimé, 2008L"ouvrage de Jacques Bouveresse s"inscrit dans un mouvement de ressac.Le sac, identifié pour l"essentiel à un culte du texte ou, plus précisément, du textuel, suscite depuis quelques années une campagne de reconquête du contenu factuel, mais aussi moral de la littérature, dont ce livre témoigne à sa façon, de même que d"un souci de replacer la littérature dans l"histoire dont elle avait été abusivement exfiltrée.Comme l"indique le sous-titre de ces leçons, cependant, issues en grande partie d"un séminaire au Collège de France donné au cours de l"année 2004-2005 -Sur la littérature, la vérité et la viel"ambition dépasse les limites d"une simple redécouverte des vertus qu"aurait abandonnées l"étude de la littérature sous l"impulsion de la « frénésie formaliste » (J.G.Merquior) ; elle vise à restaurer l"étude de la littérature dans la plénitude de ses droits et surtout de ses devoirs, qui comprennent la poursuite de la vérité, tout en se gardant, sur la droite, d"une réaction qui prend parfois la forme d"une autre sorte de « bigoterie », qui croit que la littérature est détentrice d"une connaissance supérieure de la réalité 1 .La littérature tiendrait ses pouvoirs, ou au moins ses effets, de la relation privilégiée qu"elle entretient avec la (vraie) vie et qui est fondée sur la réciproque : la (vraie) vie est elle-même, « de façon au moins potentielle », intrinsèquement littéraire.On aura reconnu, dans la façon de poser le problème, les termes de la boutade d"Oscar Wilde qui renversait le rapport du réel à sa représentation, mais aussi bien la conviction, plus proche de nous et plus banale, d"une Iris Murdoch : que notre existence baigne dans la littérature 2 , et que, renouvelant la plaisanterie voltairienne d"un homme à l"image de Dieu, si la littérature imite la vie, celle-ci le lui rend bien.Leur destin respectif finit par être indémêlable.Ce avec quoi nous entrons en contact par la lecture n"est pas simplement une image plus ou moins réussie de la vie, mais bien la vie elle-même -c"est ce que Bouveresse fait soutenir par Mikhaël Bakhtine, l"une des nombreuses sources auxquelles s"abreuve sa réflexion.Parler de la « vérité » d"un roman, dans ces conditions, ce serait donc, avant toute transposition théorique ou reformulation cognitive 3 , jauger ce rapport, 1 La France byzantine de Julien Benda (Gallimard, 1945) est un des ancêtres de cette critique.2 On pourrait invoquer, plus théoriquement argumentées, les thèses de Mark Turner (The Literary Mind, Oxford University Press, 1996), de Jean-Louis Dessalles, Bernard Victorri, etc. De ces deux derniers auteurs (et Pascal Picq), on lira le récent Les origines du langage, le Pommier / Cité des Sciences et de l"Industrie, 2006.Les phénoménologues de l"école de Meinong, cités en passant, soutiennent que les émotions ont un pouvoir cognitif réel et peuvent notamment être d"authentiques perceptions de valeurs (p.193).On sait la manière dont, chez Proust par exemple, la souffrance enseigne. 4Voir Michel de Certeau, Arts de faire (L'invention du quotidien, I), U.G.E., 10/18, 5 Néanmoins, Rorty juge que « La physique et la métaphysique révolutionnaires, celles qui comptent, ont toujours été "littéraires", au sens où elles ont dû faire face au problème d"imposer un nouveau jargon et de pousser de côté les jeux de langage en cours.» (Science et solidarité.La vérité sans le pouvoir, trad.
Source: Critique
Author: Philippe Jousset
Language: French
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1481099835
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