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Fondu au noir

Year: 2009
Type: article
Abstract: PAS PLUS AUJOURD'HUI QU'HIER on ne passe par hasard aux Pradelles.Il faut vraiment chercher la route, la gravir, longue et sinueuse dans les bois noirs, avant d'accéder à un village indistinct tant ses maisons, formant trois hameaux puis s'éparpillant en une dizaine de fermes, s'égrènent dans le vallonnement des prés qui lui ont donné son nom.Les jeunes garçons dont j'étais, dans les années 1960, se trouvaient saisis par ce repliement hautain, sur des sommets d'autant plus déroutants qu'ils sont sans relief.Montant de la ville pour de très longues vacances, entre 14 juillet et 1 er octobre, très peu nombreux, nous n'étions pas des estivants passagers ; profondément liés au pays et dotés du statut de quasi-parents, nous participions à ses manières et à ses rites.Pourtant des comportements nous maintenaient à distance, entretenaient un fort sentiment d'étrangeté -l'extrême familiarité des gens du pays avec les animaux était l'un d'eux -et suscitaient parfois une excitation dont la raison nous échappait.L'une de ces bizarreries n'a cessé de me hanter et, à sa manière, la très solide recherche qui fait l'objet de l'article qui suit met en forme mon trouble et formule la question que je ne pouvais alors me poser en ces termes savants 1 .
Source: L Homme
Author: Daniel Fabre
Language: French
Subfield: Anthropology
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W1486963886
FWCI:
Cites:
Cited by: 15
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