Year: 2006
Type: article
Abstract: Résumé Du collectif en psychanalyse : pour sortir du psychologisme qui consiste à appliquer la psychanalyse aux formations collectives, il apparaît utile de poursuivre l’intuition freudienne d’un inconscient collectif ; et de faire de l’hypothèse d’un sujet collectif et d’une névrose collective une théorie provisoire à mettre à l’épreuve. Toute-puissance, du ciel sur terre . On distingue trois âges de la névrose collective occidentale : à l’âge religieux, le grand Autre est dans la toute-puissance divine (« je suis celui qui est ») ; à l’âge politique, l’autoréférencement descend sur terre avec l’État républicain et souverain (sa volonté fait loi) ; à l’âge libéral, l’individu se crée de lui-même, il est au-dessus des lois. Les deux faces du pouvoir libéral : avec le nazisme et le stalinisme, l’idéal républicain se défait. La névrose collective libérale trouve à s’inscrire dans l’histoire. Ses « idéaux » clés : logique sadique-anale ; refus de la loi ; toute-puissance d’un sujet ignorant la castration primaire ; mégalomanie d’un moi idéal branché sur le Marché, figure d’une mère primordiale généreuse et dispensatrice d’harmonie. Le pouvoir politique et ses idéaux de type paranoïaque s’effondrent, le pouvoir économique s’exerce selon une logique alliant analité et perversité. D’un côté, tout-pouvoir de l’individu libéral réalisé dans l’entrepreneur libéré des lois ; de l’autre, impuissance de la ressource humaine qui partage les mêmes idéaux comme elle peut : identification au maître (la délinquance), repli dans l’imaginaire (l’individualisme virtuel), agressivité retournée contre soi (dépression, terrorismes).
Source: Le Coq-héron
Author: Jean-Claude Liaudet
Language: French
Subfield: Clinical Psychology
Field: Psychology
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1584776657
