Year: 2008
Type: article
Abstract: De tout temps et dans toutes les civilisations, les hommes ont adoré les pierres, que ce soit des pierres mousses, des galets lisses roulés par la mer ou les torrents ou des gemmes auxquels on attribue des pouvoirs bénéfiques, outre leur beauté spécifique mise en valeur dans les parures, ornements et vêtements.2 Trois auteurs ont particulièrement étudié le rituel et le culte des pierres au Maghreb.3 En premier lieu, Edmond Doutté qui traite abondamment des tas de pierres ou « kerkour »* (voir EB XXVII) dans son voyage au Maroc (Merrâkech, 1905), puis dans Magie et religion en Afrique du Nord (1908), livres issus de ses cours à l'Ecole supérieure des Lettres d'Alger.Ses remarques et descriptions ethnographiques sont précieuses car elles datent d'une époque où la colonisation n'avait pas encore tout à fait perturbé les paysages et les coutumes du pays.En outre, Doutté était arabisant et avait des échanges directs avec les populations.4 Un deuxième auteur évoque la magie des pierres sous toutes ses formes avec une érudition et un talent littéraire exceptionnels : le Dr Ernest-Gaston Gobert qui a laissé deux études remarquables sur la litholâtrie : « Essais sur la litholâtrie » (Revue africaine, 1962) et, dans son recueil sur les Magies originelles (P.Rollet, Aix-en-Provence, 1969), un chapitre intitulé « L'amitié des pierres et leur étrange fortune ».Médecin, archéologue et féru d'ethnologie, E.-G.Gobert a mené sa carrière en Tunisie dans une relation très intime avec les habitants.5 Enfin, un troisième auteur, Joseph Desparmet, qui fut un observateur génial, a laissé une œuvre essentielle sur la vie du petit peuple de la Mitidja, œuvre malheureusement dispersée dans différentes revues et bulletins.(« Ethno graphie traditionnelle de la Mettidja » ; sur l'œuvre de Desparmet, voir H. Pérès 1943).« Il en est venu ainsi aux pierres lustrales par le détour des rituels de l'enfance, des amulettes, du lapidaire magique, des rubis, des agates rouges et des cornalines qui portent la baraka, de l'hématite qui arrête les saignements, de l'émeraude qui prémunie contre la fascination, de l'onyx, de l'opale pour les maléfices, du lapislazuli qui les écarte… » (Gobert 1948, p. 49).Litholâtrie
Source: Encyclopédie berbère
Author: M. Gast
Language: French
Subfield: History
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W1587164998
