Year: 1998
Type: article
Abstract: Alors qu’une partie des journalistes et des intellectuels ont refusé de conceptualiser les conflits yougoslaves comme atavisme balkanique, ils ont tout de même cédé à les présenter en tant que « revanche des campagnes », ce qui ne décrit pas non plus la réalité de ces conflits, mais est utile aux acteurs politiques : l’idée d’une ville « civilisée » opposée à une campagne « barbare » nourrit les haines de classe et les discours guerriers.Si les rapports entre ville et campagne occupent une place centrale dans ces conflits comme dans le discours de leurs protagonistes, encore faut-il savoir quelle est la part de la réalité et la part du mythe, quelle est la véritable signification de ces rapports, et se demander en particulier ce qu’ils révèlent (ou dissimulent) sur les rapports entre milices, État et société dans l’espace yougoslave. L’importance des solidarités claniques dans les mobilisations miliciennes s’explique moins par leur enracinement dans les hauts villages du karst dinarique que par leur redéploiement dans les interstices d’une modernisation mal maîtrisée et par leur extension au « village global ».Dans les guerres balkaniques comme dans les récents conflits yougoslaves, les formations armées de type milicien viennent d’abord compenser la difficulté des États à conduire leurs populations dans la guerre.
Source: Balkanologie
Author: Xavier Bougarel
Language: French
Subfield: Cultural Studies
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W1595188213
