Impacts de l'aménagement forestier et des infrastructures humaines sur les niveaux de stress du caribou forestier
Year: 2012
Type: article
Abstract: RÉSUMÉ: Les réponses physiologiques de la faune envers l'anthropisation sont reconnues \ncomme des mécanismes de déclin des populations. Les hormones du stress, telles que le \ncortisol, ont été utilisées à titre d' indicateur de stress chez plusieurs espèces de \nmammifères. Cependant, peu d'études font le pont entre les concentrations de cortisol, les \nperturbations et les patrons de sélection d'habitat en milieu naturel. Nous supposons que \nl' exposition à divers degrés d'aménagement forestier et d'infrastructures humaines génère \nune réponse au stress quantifiable chez un mammifère sauvage, par l'augmentation de \ncOliisol contenue dans ses poils. Cette étude comprend donc deux volets : un premier - à \nl'échelle populationnelle - vise à comparer les niveaux de cortisol moyens de quatre \npopulations de caribous forestiers évoluant dans des habitats différemment perturbés, et un \ndeuxième - à l'échelle individuelle - vise à relier les concentrations individuelles de \ncortisol aux caractéristiques des domaines vitaux. Pour ce faire, nous avons accédé aux \ndonnées provenant de quatre aires d'études au Québec qui s'échelonnent le long d'un \ngradient de perturbations anthropiques. Nous avons dosé les concentrations de cortisol dans \nles poils de 142 caribous forestiers capturés entre 2004 et 2010, en utilisant la technique \nimmuno-enzymatique ELISA. Nous avons ensuite exploré les impacts des attributs des \ndomaines vitaux sur les concentrations de cortisol des individus fréquentant différents \ndegrés de perturbations, le tout à l'aide des cartes écoforestières et des données \ntélémétriques GPS récoltées pendant la capture des caribous. Nous avons d'abord remarqué \nque les concentrations moyennes de cortisol étaient très variables à l'intérieur d'une même \npopulation. À l'échelle individuelle, nos résultats montrent que les domaines vitaux \ndominés par des habitats perturbés (i.e. présentant une forte proportion de forêts déciduesmixtes \nde 50-120 ans, de milieux ouverts sans régénération, de coupes de < 5 ans ainsi \nqu'une forte densité de chalets) étaient corrélés à des concentrations de cortisol élevées. À \nl'opposé, une forte proportion d'habitats peu perturbés, tels que les dénudés secs (ou \npessières ouvertes à lichens), était associée à de faibles concentrations de cortisol. Nos \nrésultats supportent notre hypothèse stipulant que les habitats perturbés contribuent à \naccroître le niveau de stress physiologique. La présence d'individus chroniquement stressés \npourrait expliquer le déclin du caribou par le biais de conséquences potentielles sur la \ncondition individuelle, l'investissement en reproduction, la probabilité de survie des \nindividus stressés et ultimement l'abondance des populations. Afin d' assurer la \nconservation à long terme du caribou, les stratégies d'aménagement minimisant la \nfréquentation par le caribou de perturbations humaines devraient être favo risées. -- ABSTRACT: Physiological responses of wildlife to anthropization are now recognized as \npotential mechanisms of population decline. Stress hormones, such as cortisol, have been \nused as indicators of chronic stress in several mammal species, although few studies have \ncorrelated cortisol level, disturbed habitats and patterns of habitat selection in wild \nmammals. We hypothesized that being exposed to varying degree of fore st management \nand human infrastructures would trigger a quantifiable stress response in a wild mammal \nthrough increased hair cortisol concentrations. This study is thus conducted at two scales: \nthe first - at the population scale - aims at comparing average cortisol levels among four \npopulations of caribou inhabiting territories with contrasted disturbance intensities, while \nthe second - at the individual scale - aims to correlate individual cortisol concentrations to \nhome-range attributes. For that purpose, we had access to caribou data from four study sites \nin Québec, distributed along a gradient of anthropogenic footprint. Using an enzyme-linked \nimmunoassay (ELISA) approach, we measured hair cortisol concentrations from 142 freeliving \nwoodland caribou captured from 2004 to 2010. At the individuallevel, caribou were \nfitted with GPS collars so that we could characterize their home ranges based on telemetry \nlocations and ecoforest maps. We thus explored the impacts of home-range attributes on \nhair cortisol levels in caribou affording varying degrees of forest management and human \ninfrastructures. We first noticed that the average hair cortisol concentrations among \npopulations were very variable. At the individual scale, we found that home ranges \ndominated by habitats characterized by high human activities (i.e. showing high \nproportions of 50-120 year-old deciduous-mixed forests, open stands without regeneration, \n< 5 year-old clearcuts and a high cabin density) were associated with elevated cortisol \nconcentrations. In contrast, a high proportion of habitats unaffected by humans, such as \nopen lichen woodlands, were associated with low cortisol concentrations. Our results \nsupport our initial hypothesis stating that disturbed habitats contribute to increase \nphysiological stress levels. The occurrence of chronically stressed individuals may partially \nexplain woodland caribou decline through consequences on individual condition, \nreproductive investments, survival of stressed individuals and ultimately population \nabundance. To ensure long-term persistence of woodland caribou, forest management \nstrategies that minimize caribou use ofhuman-induced disturbance should be favoured.
Author: Limoilou-Amélie Renaud
Language: French
Subfield: Ecology
Field: Environmental Science
Domain: Physical Sciences
SDG: Life on land
Open Access status: green
OpenAlex ID: W1602643664
