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Corps et pensée au xviie siècle

Year: 2012
Type: article
Abstract: Découvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s'abonner... Scannez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur Cairn.info. Distribution électronique Cairn.info pour Éditions de Minuit.Vous avez l'autorisation de reproduire cet article dans les limites des conditions d'utilisation de Cairn.infoou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement.Détails et conditions sur cairn.info/copyright.Sauf dispositions légales contraires, les usages numériques à des fins pédagogiques des présentes ressources sont soumises à l'autorisation de l'Éditeur ou, le cas échéant, de l'organisme de gestion collective habilité à cet effet.Il en est ainsi notamment en France avec le CFC qui est l'organisme agréé en la matière. Notes Corps et pensée au xvii e siècleLes musées pèchent en parole, par excès ou par défaut.Le défaut, c'était hier, quand les œuvres, exposées sans raison, empilées sur les murs et les sols, étouffaient de leur profusion le regard du visiteur : il manquait le logos qui de tant de beauté eût fait un sens.Le péché d'aujourd'hui serait plutôt l'excès, lorsque ces mêmes œuvres n'existent que pour et par un discours dont elles sont censées former l'illustration, enfermées dans une cage conceptuelle ou une grille d'analyse donnée pour vérité intangible -quand elle pouvait être tout autre : cela dépend de l'âge du commissaire et de la vitesse du vent de la mode.La médiation culturelle prend parfois le pas sur la culture qu'elle est censée servir.Ainsi à Lille, lors de l'étonnante exposition Portraits de la pensée au palais des Beaux-Arts.Une grande salle rectangulaire.Tout autour, accrochés aux murs rouge vif, quarante-neuf visages de penseurs vous contemplent : des toiles du xvii e siècle, pour la plupart napolitaines ou hollandaises.Au centre de la salle, un grand cube énigmatique.Je pénètre dans le cube : c'est une installation de Bill Viola.Au centre du cube, un cube plus petit figure la cellule minuscule où saint Jean de la Croix fut emprisonné huit mois durant à Tolède.On n'y tient pas debout.Une table.Un broc en étain.Un verre d'eau.Le plan fixe en couleurs d'une montagne enneigée sur un mini écran vidéo.Une voix qui récite en espagnol le Cantique spirituel.Au dehors de la cellule, c'est l'obscurité presque complète.On entend le vent qui souffle, et sur un pan de mur la même cime enneigée est projetée en grand format, mais en noir et blanc.L' image saute continuellement, comme si la caméra ne cessait d'être agitée par la tempête.Voilà ce que peut voir et entendre le visiteur -si du moins il n'est pas dérangé dans sa visite par une guide que le musée a plantée là, au cœur de l'installation, avec pour mission d'expliquer l'œuvre à tous ceux qui passent à sa portée.Intention louable en son principe -sauf
Source: Critique
Author: William Marx
Language: French
Subfield: Classics
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1642498965
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