L’enfermement ou la tentation spatialiste. De « l’action aveugle, mais sûre » des murs des prisons
Year: 2015
Type: article
Abstract: La conception de l’espace carcéral semble avoir toujours trahi, en France, une pensée spatialiste illusoire, qui ferait de la prison un lieu apte à surmonter les contradictions sociales. Cet article entend le démontrer en s’attachant aux fonctions attribuées à l’espace carcéral, à la fois par une approche diachronique, allant de l’invention de la prison pénale sous la Révolution jusqu’à la période contemporaine, et par une approche sensible au surinvestissement du dispositif spatial de l’enfermement carcéral et tout particulièrement sa dimension architecturale dans bien des discours officiels. L’espace est érigé en véritable actant de l’enfermement, support de délégation de la peine de prison, censé fournir la solution ultime à la déviance. La confiance sans cesse mise dans le dispositif carcéral, la croyance des Révolutionnaires et de tant de nos contemporains en un espace carcéral apte à punir, soigner, réinsérer, dissuader, ou la légitimation toujours affirmée de la prison comme solution terminale au problème de la déviance, soulignent un surinvestissement des capacités spatiales aux dépens du rôle essentiel des interactions sociales.
Source: Annales de Géographie
DOI: 10.3917/ag.702.0140
Author: Olivier Milhaud
Language: French
Subfield: Law
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
Funder: Agence Nationale de la Recherche
OpenAlex ID: W1704885702
