Year: 2003
Type: article
Abstract: Il s’agit d’une analyse des Innocents de Bertolucci. L’analyse s’approfondit progressivement sur quatre niveaux. Elle revele que ce film, meme s’il ne porte que sur la fermeture de la cinematheque lors des evenements de Mai 68, met en scene une mutation progressive du regard qui va s’etendre sur une grande partie du xxe siecle. Il s’agit, dans un premier temps, d’un regard bienveillant qui laisse flotter l’incertitude et dont le pouvoir discriminant est volontairement limite. Dans un deuxieme temps, on aura plutot affaire a un regard paranoiaque qui soupconne le detail et souhaite porter au maximum son pouvoir de discrimination. Le regard, en mutant, modifie totalement la structure de son objet. D’« innocent » et abrite sous le regard bienveillant, il devient coupable, menace de mort et d’immobilisation etouffante sous le regard paranoiaque, ce qui le condamne a un mouvement incessant, a une « revolution permanente ».La meme difference dans la structure du regard, la meme mutation dans la structure de l’objet, se retrouve dans une experience de mecanique quantique, dont la realisation s’est, elle aussi, etendue sur plusieurs decennies du xxe siecle.
Source: Diogène
DOI: 10.3917/dio.202.0074
Authors: Ngugi wa Thiong’o, Eunice Njeri Sahle
Language: French
Topic: Ethics, Aesthetics, and Art
Subfield: Philosophy
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1726947727
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