L’ordre des choses. Sur quelques traits de la culture matérielle bourgeoise parisienne, 1830-1914
Year: 2007
Type: article
Abstract: Le xixe siècle voit la culture matérielle changer profondément. Au-delà de la nouvelle échelle industrielle de la production des objets, c’est le rapport au monde des choses qui se transforme et tout particulièrement pour la bourgeoisie. Cet article questionne les bibelots, souvenirs familiaux, objets de collections et objets venus du passé qui, à partir des années 1830, peuplent les appartements bourgeois parisiens. Par leur truchement, la bourgeoisie instaure un commerce avec la mémoire et le passé. De façon paradoxale, la bourgeoisie se construit, dans son temps libre, une identité en tentant de fuir l’uniformité supposée des objets industriels, le monde des affaires et le nouveau commerce à prix-fixe. La bourgeoisie se passionne pour de nouveaux lieux où elle cherche ces objets uniques et authentiques : fermes normandes, boutiques d’antiquaires et salles de l’hôtel des ventes. Experts, commissaires-priseurs, tapissiers conjurent le risque de la faute de goût et de la contrefaçon. La bourgeoisie émergente s’invente de nouveaux modèles, aussi bien en lorgnant du côté des artistes et de la « bohème » que du côté des demi-mondaines, autant de groupes qui vivent dans ses marges, là où les modes peuvent se renouveler. Au final, cet article essaie de comprendre comment la bourgeoisie à partir des années 1830 élabore par les objets des façons de sentir, d’apprécier et de consommer qui la distingue à la fois des modèles aristocratiques et des comportements populaires.
Source: Revue d histoire du XIXe siècle
DOI: 10.4000/rh19.1342
Author: Manuel Charpy
Institution: Université de Tours
Language: French
Subfield: Literature and Literary Theory
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W1778871702
