Year: 2016
Type: article
Abstract: De manière largement indépendante du développement scientifique de la discipline, une mode de la statistique s’est développée en France, à partir de 1827. L’événement déclencheur a probablement été la « Carte figurative de l’instruction populaire » de Charles Dupin, avec sa fameuse ligne Saint-Malo Genève, censée séparer le Nord instruit du Sud ignorant. Produire, sous le nom de « statistique », des descriptions plus ou moins chiffrées sur des sujets les plus variés, est devenu un vecteur d’ambition, un moyen privilégié d’accès à la notoriété. Au-delà des traces littéraires, le phénomène peut être mesuré par sa pénétration sémantique dans la presse. Alors que l’ambition de la plupart des statisticiens amateurs restait strictement descriptive, certains ont su poser la question de la démonstration par les chiffres. C’est d’autant plus remarquable que, au sein de la science institutionnelle, les techniques d’inférence statistique, introduites par Laplace dès la fin du siècle précédent, ont longtemps été largement ignorées.
Source: Histoire & Mesure
Author: Bernard Ycart
Institutions: Laboratoire Jean Kuntzmann, Université Grenoble Alpes
Language: French
Subfield: History and Philosophy of Science
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W1816401000
