Year: 2005
Type: article
Abstract: singulier de matrice ou de forme-maîtresse générant une pléthore de dispositifs musicaux qui en étendent la portée.On les tient donc pour responsables en Europe et dans les pays anglo-saxons du déploiement des genres et sous-genres de la musique électronique populaire qui, dans cette perspective, en sont autant de produits dérivés.Tous les récits du journalisme spécialisé, ainsi que ceux des ouvrages encyclopédiques, convergent vers cette généalogie.Et le consensus se renforce au fur et à mesure que les musiques électroniques conquièrent une visibilité et une stabilité, et que, à la suite de diverses tentatives de définition, elles tombent finalement dans l'histoire (Bidder ; Brewster ; Bogdanov).Bien sûr, cette histoire courte et immédiate a le privilège de pouvoir s'appuyer sur des récits de première main, puisque nombre de ses acteurs vivent encore.Mais cela recèle forcément un danger, car alors la chronique se confond avec le témoignage.La vaste nébuleuse de styles musicaux que l'on rassemble aujourd'hui sous le terme d'electronica a donc trouvé ses moyens dans un milieu ou un contexte américain, de même qu'elle s'est d'abord rapportée à son territoire.Du moins s'est-elle enracinée dans certaines villes du Nord et du Nord-Est des États-Unis : New York, Chicago, Detroit.Autant dire que l'histoire du genre n'est pas unique : elle a trois versions, trois lignes directrices, trois scènes locales.De New York, on rapporte le geste de Larry Levan, Disc-Jockey (DJ) audacieux qui reprend et prolonge la disco 3 .Par la suite, la house de New York suivra son cours singulier grâce à l'incorporation des musiques latines (Masters at Work, Junior Vasquez, François Kevorkian).Mais pour qu'elle échange son statut de disco contre celui de house, il aura fallu l'entremise des DJproducteurs de Chicago auxquels elle emboîte le pas.Car on tient Chicago pour responsable de l'invention du format singulier de la house : il s'agit une musique de danse produite pour des danseurs et dans le contexte de certains clubs, une musique ré-agencée à partir de séquences et de fragments prélevés sur des enregistrements préexistants.Ainsi, avec Ron Hardy et Frankie Knuckles, puis avec Marshal Jefferson et Larry Heard, la house s'affirme en se détachant graduellement des sources soul, funk et disco.C'est aussi à Chicago que verra le jour, dans ce même moment de créativité, une variété de house si aisément identifiable (l'acid, inaugurée par Phunk, DJ Pierre et Adonis) qu'elle représentera temporairement la house aux yeux des observateurs d'outre-Atlantique.Enfin, c'est de Detroit que nous vient la techno proprement dite 4 .Mais elle a beau être plus abstraite que la house et plus ouvertement électronique dans le choix de ses textures sonores, à New York comme à Chicago, on la tiendra longtemps comme une variété de house sans paroles 5 .Que la techno et la house soient avant tout américaines, cela ne fait donc apparemment pas de mystère.Localement, on a jeté les bases d'une esthétique TECHNO, HOUSE ET MUSIQUES ÉLECTRONIQUES POPULAIRES AUX ÉTATS-UNIS REVUE FRANÇAISE D'ÉTUDES AMÉRICAINES
Author: Philippe Birgy
Institutions: Université Toulouse - Jean Jaurès, Université de Toulouse
Language: French
Topic: Music History and Culture
Subfield: Music
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1962481944
