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Laboratoire Amérique latine : hybridation, interdépendance et pouvoir constituant

Year: 2009
Type: article
Abstract: Le renouveau attendu après l'élection de Barack Obama en Amérique du Nord, ne saurait faire oublier que les premiers vrais craquements de l'ordre néolibéral sont venus de l'Amérique latine depuis bientôt dix ans.Frémissement au Mexique dès les années 1990, avec le zapatisme qui a compté tellement pour toute la génération Seattle dans la traversée des années d'hiver.Changement total des forces sociales au pouvoir en Bolivie, en Argentine, au Chili, au Brésil, en Uruguay, au Venezuela, au Paraguay et dernièrement en Équateur.Par les urnes, mais chaque fois en large prolongement de mouvements sociaux très variés.Il est important de rappeler que nombre de techniques du néolibéralisme le plus exacerbé furent « essayées » sur l'Amérique Latine (le coup d'État de Pinochet a lieu sept ans avant l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher).Mais il est plus important aujourd'hui de mesurer à quel point le laboratoire sudaméricain n'a plus rien à voir avec la référence mythique castriste des années 1960.Il faut cesser de penser Nord et Sud dans des plans successifs.C'est la thèse centrale d'Aníbal Quijano, Emir Sader, Enrique Dussel, Walter Mignolo de la colonialité du pouvoir 1 , c'est-à-dire d'une histoire unifiée de l'Europe et de l'Amérique latine depuis le XVI e siècle.Révolutions, contre-révolutions, changements sociaux, espoirs, idées et structures des marchés sont interdépendants.C'est ce que les historiens de l'esclavage, de la traite et du monde des pirates et des révoltes dans les Amériques ont nommé l'hypothèse de l'unité du monde atlantique 2 , non pas simplement l'économie monde 1 Les subaltern studies ont exploré du coté anglo-indien une réhabilitation de la notion de sujet et d'agency au sein même de la relation de domination, Cf.Homi K. Bhabha, « The Voice of the Dom » [compte rendu de Colonialism & Its Forms of Knowledge, Subaltern Studies IX The Present History of West Bengal], in TLS, The Times Literary Supplement, n° 4923, 8 août 1997, p. 14-15.Le postcolonial dans son versant hispanique et lusophone (à ne pas confondre avec ce que l'on appelle la littérature postcoloniale dans les domaines anglophone et francophone) met l'accent sur l'interdépendance pas simplement colonialiste (Nord sur le Sud) mais également métisse, hybride (Sud dans le Nord).C'est la relation définie par ses plans d'intersection et non les deux pôles qui sont le véritable élément de compréhension.
Source: Multitudes
Authors: Raúl Sánchez, Yann Moulier-Boutang
Language: French
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1964912258
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