Year: 2007
Type: article
Abstract: Ecrivain et critique d'art, Michel Ragon publie chez Robert Laffont son premier ouvrage sur l'architecture en 1958 (Le Livre de l'architecture moderne).Deux ans auparavant, en 1956, le scénographe Jacques Polieri (qui a mis en scène Eugène Ionesco, Isidore Isou, Jean Tardieu) a coordonné le 1 er Festival de l'Art d'avant garde 1 sur le toit de l'Unité d'Habitation de Marseille récemment achevée (1952) par Le Corbusier.Dans plusieurs ouvrages et entretiens 2 , M. Ragon raconte cet événement comme une véritable révélation par et pour l'architecture : l'intense travail de préparation de l'exposition d'arts plastiques que, critique d'art reconnu, il y organisa, le conduisit à séjourner dans l'Unité d'Habitation.Bâtiment emblématique et contesté de la Reconstruction, le vaisseau édifié par Le Corbusier associe la puissance de la construction (les piliers du rez-de-chaussée), une stricte rationalité exprimée en façade par la rigueur de la géométrie, et la liberté des objets sculpturaux de béton brut, sculptures fonctionnelles qui peuplent le toit de l'Unité.Une forme de synthèse que M. Ragon n'a cessé de défendre, se consacrant progressivement à partir de 1957 à la critique d'architecture, puis à l'histoire de l'architecture des XIXe et XXe siècles.Il faudrait sans doute tempérer l'affirmation de cette « conversion » pour l'architecture par la permanence d'un intérêt plus ancien pour le caractère social de l'architecture, en relation avec les utopies du XIXe siècle.Néanmoins, M. Ragon lui prête un pouvoir singulier : « L'architecture moderne fait comprendre l'art moderne.Le décalage entre le public et les arts actuels provient en partie de ce que le public voit des œuvres du XXe siècle alors qu'il vit toujours comme au Moyen Age (ou presque).Ainsi, lorsque nous avons présenté une exposition d'art abstrait à Marseille, l'été 1956, sur la terrasse de l'Unité d'Habitation Le Corbusier, les habitants ont été beaucoup moins choqués que les visiteurs par les tableaux exposés.Ils étaient déjà habitués à vivre dans leur siècle 3 .» Vivre dans la contemporanéité : de manière récurrente, M. Ragon déplore que dans les années 1960, on commence seulement à Michel Ragon : la critique d'architecture, de la Synthèse des arts au GIAP
Source: Critique d’art
Author: Hélène Jannière
Language: French
Subfield: Architecture
Field: Engineering
Domain: Physical Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1965983671
