Year: 2001
Type: article
Abstract: Le 3 mars, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) rendait public son Rapport Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie.Il a provoqué bien de remous ?À lire certains commentaires, «le Comité d'éthique aurait franchi la ligne jaune », fait remarquer pour s'en plaindre son président, tout en mettant en cause une médiatisation qui aurait fait «l'impasse d'une lecture complète» et n'aurait retenu que le mot euthanasie.Un tel jugement est sans doute partiellement fondé, mais il faut lui-même «l'impasse» sur des protestations réfléchies.Le Rapport demande, il est vrai, une lecture attentive.Il cherche à analyser le contexte médical et socioculturel dans lequel se déroule aujourd'hui le temps de mourir, et invite, longuement, à développer les soins palliatifs et l'accompagnement des malades, ainsi qu'à s'abstenir de tout «acharnement thérapeutique».Dès le début du texte, «la question de l'euthanasie» tient cependant une place centrale.Deux arguments sont spécialement invoqués.L'euthanasie est, de fait, pratiquée en France de manière illégale et clandestine, et sa légitimité fait l'objet de débats éthiques où s'affrontent deux positions inconciliables.Le Comité affirme avoir poursuivi deux objectifs : réduire l'écart entre «la réalité vécue» et la loi ; trancher le dilemme éthique «en faisant droit aux justes convictions des uns et des autres».Le droit peut-il définir l'exception ?-Quelles que soient les interprétations qui en ont été données et les intentions de ses auteurs, le Rapport du CCNE fait une proposition d'ordre juridique.Tout en recommandant de ne pas changer le Code pénal, qui qualifie les actes d'euthanasie de meurtres ou même «assassinats», il préconise de modifier le Code de procédure pénale en y insérant une «exception d'euthanasie», qui vaudrait dans des cas rares, «exceptionnels».
Author: Patrick Verspieren
Institution: Facultés Loyola Paris
Language: French
Field: Medicine
Domain: Health Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1967731569
