Year: 2009
Type: article
Abstract: Résumé La sexualité, au sens rigoureux du terme, est l’apanage des seules sociétés humaines, celles où la transmission génétique est constamment brouillée et subvertie par la transmission généalogique de la culture et du désir. Il importe de ne pas confondre sexuation, comportement génésique, plaisir d’organe, et sexualité. Pour la psychanalyse, la sexualité est inséparable de sa mise en scène et de son excitation fantasmatique inconsciente. De plus, il n’est pour elle de partie du corps, de fonction physiologique, ou de relation à l’autre qui ne puisse s’érotiser. Pour le sens commun déjà, la vie sexuelle évolue dans l’univers du signe plutôt que du signal, de la déclaration d’amour plutôt que des phéromones, de l’appropriation subjective plutôt que du conditionnement. Dès le début de la vie, tout message adressé à un enfant est « compromis » (selon la formulation de Jean Laplanche), c’est-à-dire lesté du désir inconscient de son destinateur. Ainsi, c’est au fil des soins quotidiens que la sexualité se voit activement « implantée » ou violemment « intromise » par l’adulte en l’enfant. Tout vécu d’intrusion ultérieur (qu’il s’agisse de « douce violence » ou d’agression caractérisée) vient forcément recouper ce registre originaire de débordement par l’autre. Dans cette perspective, la sexualité est toujours une conduite à risque, et il devient logique, en outre, qu’en chaque individu se niche un fantasme d’abus sexuel. C’est bien pourquoi il serait désastreux, tant pour le thérapeute que pour l’enquêteur ou l’expert, de confondre, sans plus, vérité d’un récit et exactitude d’une histoire.
Source: Le Coq-héron
Author: Francis Martens
Language: French
Subfield: Clinical Psychology
Field: Psychology
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1968314485
