Year: 2001
Type: article
Abstract: Les chefs-d'œuvre à l'épreuve de la traduction : le Roman de Thèbes et le Roman d'EneasInépuisable question que celle des chefs-d'œuvre à l'épreuve de la traduction !Par exemple, Anne Lefebvre-Dacier, savante helléniste, avait publié une traduction en prose des 24 chants de l'Iliade en 1699.Dans son introduction, elle affirme d'abord que traduire Homère est une entreprise où elle se sent inférieure à sa tâche : « J'avoue qu'il n'y a pas un seul vers d'Homère où je ne sente une grâce, une beauté, une force qu'il m'a été impossible de conserver 1 .» Qui plus est, Houdar de la Motte, qui ne savait pas le grec, tira de cette traduction -qu'il trouvait ennuyeuse -, une Iliade en vers en douze chants (1713).Madame Dacier protesta dans un traité des Causes de la corruption du goût (1714).La Motte répliqua modérément dans ses Réflexions sur la critique (1715), soutenu par des érudits comme les abbés de Pons, Terrasson et d'Aubignac, qui doutait même de l'existence d'Homère.C'est Fénelon qui apaisa les esprits dans sa Lettre à l'Académie, où il loue les Modernes tout en admirant vivement les Anciens.On pourrait songer aussi à Amyot revu par P.L. Courier 2 , ou évoquer les belles infidèles, expression créée par G. Ménage en 1740 à propos d'une traduction de Perrot d'Ablancourt 3 .Plus près de nous, A. Pichot, traducteur de Dickens dans les années 1850 « supprimait des personnages, des épisodes, des chapitres, allongeait et raccourcissait les phrases et les remodelait à son goût, car il trouvait le style
Source: Le Moyen Age
DOI: 10.3917/rma.073.0481
Author: Aimé Petit
Language: French
Subfield: Language and Linguistics
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1975807131
