Year: 2005
Type: article
Abstract: Clairement inscrite dans une perspective d'histoire des représentations du territoire, la problématique de ce colloque invitait à privilégier l'analyse des processus à l'œuvre dans l'imaginaire collectif.Deux écueils antagonistes la menaçaient donc : d'une part, la dérive positiviste qui eût fait basculer le propos dans une étude des péripéties de la construction territoriale de la « région Nord », d'autre part l'enfermement dans l'immatériel qui eût conduit à négliger le substrat géographique et historique qui, dans ses multiples dimensions -orographique et climatique, sociale, technique, économique et politique -détermine, depuis l'Antiquité, les schèmes de la construction de l'image régionale.Le premier mérite des nombreux contributeurs à cette recherche sur les modalités de « l'invention du Nord » est bien d'avoir su constamment jouer avec ce risque et d'en avoir triomphé.D'avoir su, en un mot, se faire « historiens du sensible » selon l'esprit et la méthode que mon Maître, Alain Corbin, a si limpidement explicités 1 .Ce colloque, en effet, a d'abord été l'occasion d'un travail sur la typologie des sources à partir desquelles l'imaginaire du territoire pouvait se poser en objet d'étude historique.L'historien des représentations -est-il encore besoin de le redire ?-est, au même titre que celui de l'économique, du social ou du politique, un gros consommateur d'archives, un tritureur invétéré de sources écrites, iconographiques voire archéologiques.Sans doute le travail accompli sur la constitution d'un corpus constitue-t-il le premier point qui nous autorise aujourd'hui à nous féliciter du parti que nous avions pris au départ d'inscrire cette recherche dans la très longue durée : la mise en perspective diachronique des sources selon des catégories précisément délimitées permet en effet d'approcher les mécanismes de la constitution, de la transmission littéraire puis de la fixation en stéréotypes des représentations des espaces géographiques en même temps qu'elle conduit à un repérage des rythmes auxquels, selon les époques, s'opèrent ces processus.L'attention minutieuse portée à ces questions de temporalité a, sur un plan plus strictement théorique, été sous-tendue par une insistante interrogation sur la distance et les interactions entre préconstruction mythique, perception sensorielle, connaissance savante, images et représentations stéréotypées des territoires.Sur ce point, la *. -Odile PARSIS-BARUBÉ, maître de conférences en histoire culturelle contemporaine à
Source: Revue du Nord
DOI: 10.3917/rdn.360.0673
Author: Odile Parsis-Barubé
Language: French
Subfield: Geography, Planning and Development
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1976311091
