Year: 2002
Type: article
Abstract: Sur les dynamiques sociologiques et politiques de l'identification à l'Europe Depuis les débuts de son existence, la Communauté Européenne suscite des inquiétudes quant à sa capacité à faire naître un sentiment d'appartenance de nature suffisamment forte pour asseoir la légitimité de son système politique. Au nombre des explications de la faiblesse de ce qu'on ose à peine désigner comme une « identité » européenne, l'idée que les attachements des Européens à leurs nations respectives feraient écran au développement de cette nouvelle identification figure en bonne place, surtout depuis la ratification du traité de Maastricht. Les données dont on dispose pour tester la validité de cette hypothèse à l'échelle de l'Europe — les enquêtes de l'Eurobaromètre - rendent les choses difficiles à traiter du fait des changements survenus depuis 1994 dans la formulation des questions. Néanmoins, il est possible de faire apparaître un effet de contexte électoral tout à fait intéressant : loin des périodes où le débat public autour de l'Europe est particulièrement soutenu, on n'observe aucun antagonisme dans les mesures d'attachement à l'Europe et à ses nations, alors qu'au moment des consultations européennes, notamment, on observe bien un tel antagonisme. Cet effet de contexte peut être interprété comme la conséquence de la bi-dimensionnalité des attachements territoriaux des Européens, combinant logique politique de choix entre des élites et des communautés politiques pour partie concurrentielles, et logique sociologique d'appartenance à des collectifs imaginaires.
Authors: André-Paul Frognier, Sophie Duchesne
Institutions: UCLouvain, Institut des Sciences Sociales du Politique
Language: French
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: green
OpenAlex ID: W1984856573
