Year: 2006
Type: article
Abstract: Christophe Blanquie 1Érudits et historiens ont présenté l'installation de sièges présidiaux et décrit les cérémonies auxquelles elle peut donner lieu 1 .Mais, si l'événement s'inscrit dans les annales des cités, c'est aussi parce qu'il en modifie les équilibres institutionnels, ainsi que le manifestent bientôt les conflits de préséance entre le corps de ville et la compagnie des officiers 2 .En prenant le pas sur les magistrats municipaux, les magistrats royaux marquent que si la ville a progressé dans la hiérarchie urbaine, le centre de gravité du pouvoir s'y est déplacé.Sans doute les deux groupes se recoupent-ils pour une large part 3 , mais ils ne sont pas réductibles l'un à l'autre.Au contraire, les conflits qui éclatent entre le palais de justice et l'hôtel de ville, entre la maison du roi et la maison commune des bourgeois, soulignent que l'office autorise de nouvelles stratégies et impose une autre logique.Le fait apparaît tellement évident que l'on en viendrait presque à oublier de s'interroger sur les conditions statistiques de la domination sociale.Combien sont-ils donc, ces officiers qui revendiquent leur part d'honneur ?Les édits de création ne fournissent que des chiffres théoriques et les grandes enquêtes, de Colbert à Daguesseau, appellent encore un patient travail d'analyse.Vincent Meyzie, pour réaliser son importante étude sur les présidiaux du Limousin et du Périgord, s'est fondé sur les lettres de provision qu'il a retrouvées dans les archives de la chancellerie, des parlements, et des présidiaux eux-mêmes.Toutefois, non seulement il lui a fallu recourir à une documentation complémentaire, mais encore rien ne garantit, surtout au XVIII e siècle, que les magistrats exercent effectivement leur charge 4 .En essayant de les identifier à travers l'accomplissement de leur mission, il est possible de commencer à répondre à la lancinante question de leurs effectifs tout en mesurant leur assiduité au palais.Il s'agira donc ici de dénombrer les juges à partir des jugements qu'ils rendent.Cette méthode revêt un intérêt particulier parce que, en s'intéressant aux fonctions publiques des officiers, elle ne met pas en avant la dignité à laquelle elle sont associées. 2Les archives judiciaires représentent une énorme masse documentaire, mais inégalement conservée et pas toujours inventoriée, de sorte qu'il est parfois malaisé de les mettre en Compter les juges au travail ?Libourne, 1642-
DOI: 10.4000/ccrh.3271
Author: Christophe Blanquie
Language: French
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1986084853
