Year: 2011
Type: article
Abstract: Résumé Pourquoi certains sociologues cherchent-ils à maximiser leur autonomie, tandis que d’autres alignent leur travail sur le « principe de réalité » des puissances séculières ? Les sociologues qui étudient le colonialisme et l’empire sont souvent la cible de pressions plus ou moins directes qui les incitent à ajuster leur travail aux besoins et aux présupposés des maîtres d’œuvre de la politique impériale. Dans le but de répertorier les principales formes d’hétéronomisation de la sociologie coloniale, cet article analyse la vie de Richard Thurnwald (1869-1954), un ethno-sociologue et professeur à l’université de Berlin de 1923 à 1949. À plusieurs reprises au cours de sa carrière, Thurnwald a aligné ses recherches sur des forces extérieures au champ scientifique de l’ethnologie, révélant ainsi une forme extrême et polymorphe d’auto-hétéronomisation. Ses premières publications sur le colonialisme visaient des acteurs impliqués dans le domaine de la gouvernance coloniale de l’outre-mer. Au cours des années 1920, son attention s’est déplacée vers le champ en plein essor de la sociologie universitaire, dans lequel il s’est efforcé de pénétrer de façon oblique, en cherchant la reconnaissance du champ sociologique américain. Après 1936, Thurnwald a réorienté son travail vers les programmes coloniaux et impériaux du régime nazi. Cette recherche de reconnaissance en-dehors du champ scientifique auquel appartenait Thurnwald et sa collaboration avec les nazis ne sont pas le résultat d’une position marginale au sein de l’ethnologie, ni d’un simple opportunisme, mais d’une incapacité fondamentale à développer un habitus ou un sens de l’identité scientifique intégré.
Author: George Steinmetz
Institution: Yale University
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1986770464
