Year: 2004
Type: article
Abstract: Les neurosciences constituent non seulement l'un des champs les plus passionnants du savoir contemporain sur l'être humain mais aussi l'un des plus controversés.Pour les uns, il s'agit d'un projet enthousiasmant, celui « d'entreprendre une reconstruction de la vie humaine en se débarrassant de toute conception finaliste du monde et de tout anthropomorphisme » (Changieux et Ricoeur 1998, 16).Les neurosciences se lancent à la conquête de l'esprit.À l'autre extrémité du spectre idéologique, les neurosciences sont interprétées comme volonté de puissance cherchant à réduire à leur seule mesure expérimentale toute connaissance de l'être humain.Ainsi sont exclues de cette connaissance toutes les autres formes de savoir qui rendent compte de la réalité vivante de la personne.« Au fil des découvertes, on attribue au cerveau des capacités qui ne cessent de croître, en même temps que le champ de la conscience semble se réduire pour l'homme.» (Fournier 2004, 277) Réduire l'esprit au cerveau, c'est priver l'homme de son humanité, puisqu'en pénétrant les secrets du cerveau, les neurosciences font « du corps lui-même l'écran le plus opaque à un dévoilement de sa réalité proprement humaine » (Haegel, 1999, 148).Entre les tenants des deux interprétations, le dialogue est-il possible ?Il faut le croire possible et s'efforcer de la réaliser.Il faut le croire possible car il est au cœur de l'aventure intellectuelle de l'Occident.La controverse et le dialogue nous paraissent, en effet, caractériser la dynamique de la pensée occidentale.Pensons ici à l'Agora grecque où les échanges
Source: Théologiques
DOI: 10.7202/011553ar
Authors: Hubert Doucet, Alain Gignac
Institution: Université de Montréal
Language: French
Subfield: Experimental and Cognitive Psychology
Field: Psychology
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1992325413
