Year: 1961
Type: article
Abstract: SOMMAIRECe n'est qu'en ig 5 i après la découverte par CII ANG et AusTirl de la nécessité d'une maturation des spermatozoïdes dans les voies génitales femelles que l'attention fut attirée sur les conditions particulières que nécessite la fécondation chez les Mammifères.On s'aperçut rapidement que même en utilisant du sperme ainsi maturé, il était impossible d'obtenir régulièrement la fécondation in vitro.D'autres conditions devaient donc se trouver rem- plies.Au cours d'un travail réalisé avec 1954 lapines et 7 6 05 ovocytes, étudiés en coupes sériées, nous avons pu, grâce à des expériences effectuées in vitro, découvrir les relations existant entre le spermatozoïde, l'ovocyte et le milieu tubaire pour que se réalise la fécondation.L'ovocyte vierge émet une substance spermo-répulsive assimilable à une « fertilisine » qui inter- dit au spermatozoïde maturé l'approche de l'ovocyte.Pour obtenir à coup sûr la fécondation in vitro il faut provoquer la déconcentration de la « fertilisine » au voisinage même de la membrane pellucide et sa libération dans le milieu.Cette opération nécessite environ deux heures, et la pénétration des spermatozoïdes commence aussitôt après.Sur 532 ovocytes ainsi traités, 353 ont été fécondés soit 66 p. ioo, et 41 8, fécondés ou pénétrés (ayant au moins un spermatozoïde sous la membrane pellucide) soit 7 8, 5 p. roo, les oeufs étant fixés 4 à 7 heures après la mise en contact avec les spermatozoïdes.Les spermatozoïdes fraîchement éjaculés (non maturés) sont insensibles à l'action de la « ferti- lisine » ovocytaire : ils peuvent se coller à l'ovocyte mais inversement ils ne peuvent traverser sa membrane pellucide.L'existence d'une substance produite dans les voies génitales femelles capable de neutraliser la « fertilisine » ovocytaire a été mise également en évidence, elle permettrait, in vivo, l'élimination continuelle de la « fertilisine » ovocytaire laissant ainsi le libre accès de l'ovocyte au spermatozoïde.L'action de cette substance ne se manifeste pas en l'absence d'oxygène.Le spermatozoïde émet également une lysine qui cytolyse l'ovocyte vierge non lavé cultivé dans une suspension de spermatozoïdes maturés.L'analogie avec les faits connus dans les relations entre les gamètes chez les Invertébrés est évidente.Ces mécanismes n'ont pu être retrouvés avec les oeufs de Brebis et de Truie.INTRODUCTION ET BIBLIOGRAPHIE Les conditions dans lesquelles s'effectue la fécondation chez les Mammifères sont telles qu'il est vain d'espérer en découvrir les mécanismes par l'étude in vivo.C'est pourquoi depuis 1953 nous avons cherché à connaître les conditions néces- saires pour obtenir la fécondation aussi régulièrement in vitro qu'elle se produit in vivo.Après des succès partiels nous sommes arrivés récemment à mettre en évi- dence la condition fondamentale pour que la fécondation se produise régulièrement.C'est pourquoi nous publions maintenant nos résultats car nous pensons que cette technique apportera des possibilités expérimentales beaucoup plus grandes aux nombreux chercheurs qui utilisent l'oeuf des Mammifères, pour des études sur la polyspermie, la polyploïdie, la fécondation hétérospermique, l'hybridation, etc. La littérature scientifique fait état de fécondations réussies in vitro et le lecteur non averti pourrait croire la question résolue.Nous avons donc groupé par ordre chronologique, sur les tableaux ci-contre, tous les résultats publiés en mettant spécia- lement en évidence les techniques employées.Il apparaît tout d'abord que malgré les travaux de P IN C US et S HAPIR O ( 194 0) et de Tui B AUl / r ( 1947 -1949 ) sur l'activation parthénogénétique par le refroidissement de l'ovocyte de Mammifère, seuls, S MI T H ( 1951 ), nous-mêmes et PET R OV (1958) spécifient avoir évité le refroidissement des ovocytes pendant les manipulations.On peut penser qu'il en fut de même dans les expériences de M ORICARD , compte tenu de la technique utilisée pour le prélèvement des ovocytes.Aussi les émissions de 2 e globule polaire ou les segmentations observées après insémination avec du sperme fraîchement éjaculé ou avec du sperme épididymaire peuvent s'expliquer par une activation parthénogénétique.Il peut en être de même de certains oeufs à deux pronucléi puisque l'un de nous a montré que des oeufs parthénogénétiques de Lapine pouvaient posséder deux pro- nucléi (THIBAULT , 1949).Depuis 1951 , on sait également que les spermatozoïdes de Rat et de Lapin n'ac- quièrent leur pouvoir fécondant qu'après un séjour de 4 à 10 heures dans les voies génitales femelles (C HANG , AusTrrr).Nous avons montré que cette maturation était également nécessaire chez la Brebis (D AU zin p , et Txi B nur,T, 1959 ) et qu'elle est probable chez la Truie (T HIBAULT , xg 5 g).On peut donc penser qu'il s'agit d'un phé- nomène général propre aux Mammifères.Il ne reste donc, comme fécondations certaines, que celles rapportées par MORICARD, Ig54-I955!et par nous-mêmes, puisque ce sont les seules expériences où à la fois furent utilisés du sperme prélevé dans les voies génitales de la femelle, et des ovocytes préservés du refroidissement.Le film réalisé par M ORICARD ( 1954 -1955 ) montre clairement le spermatozoïde fécondant ayant franchi la membrane pellucide et nageant dans l'espace périvitellin, mais ne met pas en évidence la pénétration dans le cytoplasme, seul critère absolu de la fécondation.MO RI CA RD n'a pas obtenu de segmentation et les photographies de coupe d'ovo- cytes qu'il rapporte, même en 1955 , ne permettent pas d'interpréter les spermato- zoïdes présents comme ayant pénétré dans le cytoplasme ; par contre l'un des oeufs montre deux pronucléi indiscutables.Nous avons rapporté en 1954 (a et b) ,zg56, 1959 , 19 6 0 , nos principaux résultats décrivant tous les stades de la pénétration du spermatozoïde, de la formation des pronucléi et de la segmentation.AusTiN les a sévèrement critiqués n'ayant pas réussi à répéter lui-même nos expériences.Il vient d'y parvenir (communication personnelle, ig6i).C HANG en suivant notre technique est parvenu en 1959 à un pourcentage de succès comparable à ceux que nous avons rapportés de 1954 .à 1959 .Il a obtenu de
DOI: 10.1051/rnd:19610301
Language: French
Field: Medicine
Domain: Health Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W1992737788
