‘Tu m’embrasses encore, et c’est mon pied dans les pompons !’ Comment construit-on le sens ?
Year: 2008
Type: article
Abstract: J’étudie des constructions hypothétiques composées de deux assertions juxtaposées ou connectées par et comme Tu dis encore un mot (et) je m’en vais. L’« assertion » introductive exprime un fait qui contrevient à une évidence perceptive. Il est en effet publiquement valide dans la situation de parole que l’allocutaire n’est pas en train de parler : Tu dis encore un mot ne peut pas être un constat et, si c’était le cas, le contenu serait fortement sous-informatif. Je propose une analyse de ces constructions sur l’interface syntaxe – pragmatique. Ces constructions binaires présentent une absence de correspondance entre une structure formelle (une assertion) et des impératifs pragmatiques qui lui sont liés habituellement (prise en charge par le locuteur, p. ex.). Ces assertions énoncées sous une clé de validation modale incrémentent la mémoire discursive de deux informations : (i) la validité d’un objet-de-discours O ; (ii) l’assignation d’un commentaire modal à cet objet-de-discours, i.e. <O est valable dans un domaine hypothétique>. Je cherche à identifier comment ce commentaire modal est élaboré, c’est-à-dire sur la base de quels indices. A mon sens, cette inférence est le produit de la concurrence entre deux sources d’information : l’une linguistique – l’objet-de-discours O est asserté –, l’autre extra-linguistique – les données de l’expérience contredisent la validité de O.
Source: Discours
Author: Gilles Corminboeuf
Institutions: University of Fribourg, University of Neuchâtel
Language: French
Subfield: Language and Linguistics
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W1999358974
