Year: 1992
Type: article
Abstract: Les manuscrits ont longtemps été conçus comme support de la transmission et de la diffusion de l'œuvre littéraire (ou musicale, etc.)-L'invention de l'imprimerie n'a d'ailleurs pas tout à fait éliminé cette fonction: le livre, imprimé ou non, le libelle, le pamphlet, le manuscrit, ont souvent été distribués sous le manteau.Cependant, jusqu'au XVIII e siècle, le manuscrit n'était pas le support privilégié de la création littéraire.Rares sont en effet, dans les documents conservés, les traces des hésitations de l'écrivain.Le papier et l'encre coûtaient trop cher à l'époque préindustrielle et le travail de Fauteur, semble-t-il, se faisait dans la tête et non sous la plume.La création avait une forme plus orale, ou pensée.L'exemple des Pensées de Pascal, brillante exception en apparence, permet de présenter le problème dont on aura à discuter: les fragments de l'écriture, couchés sur différents papiers, ont été distribués de différentes façons par différents éditeurs à titre posthume.Ces éditeurs ont transformé en livre ce qui n'était qu'une œuvre en chantier, dont quelques traces seulement sont conservées.L'écrit ne conserve qu'une partie de ce qui a été pensé.L'éditeur se substitue à l'auteur, le manuscrit au brouillon, la philologie à la création.RhLd*.*frnnrniaes.28.
Source: Études françaises
DOI: 10.7202/035869ar
Author: Bernard Brun
Language: French
Subfield: History
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2002398294
