Year: 2005
Type: article
Abstract: Résumé Pourquoi l’aristocratie française a-t-elle manifesté tant d’intérêt pour les styles « néo », et en particulier le néogothique, au xix e siècle ? Son attitude, certes, s’inscrit dans un phénomène européen : l’attrait romantique pour le Moyen Âge, qui a largement contribué, en France, en Angleterre, dans le monde germanique, à sauver de la ruine définitive d’importants édifices médiévaux, civils ou religieux. Mais trois raisons – observées au cours d’une étude menée sur une œuvre charitable, l’Œuvre des campagnes, née en 1857, qui constitue la dernière tentative de la noblesse française pour rechristianiser les campagnes par l’action conjuguée des prêtres et des châtelains – paraissent plus spécifiques à la France : le rejet du xviii e siècle, condamné radicalement, dans la lignée de Maistre et de Bonald ; la nostalgie d’une France peuplée de foules chrétiennes et bâtissant des cathédrales ; la volonté de réaffirmer la fonction symbolique du château et de renouer avec la chaîne des temps, en exaltant en particulier le souvenir de la chevalerie et des croisades.
Source: Sociétés & Représentations
DOI: 10.3917/sr.020.0103
Author: Éric Mension-Rigau
Institutions: Institut Universitaire de France, Paris-Sorbonne University
Language: French
Subfield: History
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2002407507
