Year: 1994
Type: article
Abstract: Comment parler du plaisir autrement que sans ordre, par notes?Aucune en soi n'est nécessaire.On pourrait appliquer à ces fragments (qui ne sont issus d'aucun tout) la lecture expéditive que les frères Marx font subir au contrat qu'ils examinent dans les coulisses de l'Opéra : Groucho déchire une clause dès qu'elle ne plaît pas à Harpo : celui-ci non, celui-là, non plus, etc. Les notes, ce sont les jours qui passent.Il s'agit en somme d'un journal de plaisir, projeté dans la généralité, mais non dans quelqu'ordre que ce soit (sinon alphabétique : dérision de tout ordre).Roland Barthes a écrit ce fragment séduisant pour Le Plaisir du texte.Mais, avant de livrer le bon à tirer, il l'a éliminé, faisant subir à son texte l'opération de soustraction qui donne tant de plaisir aux spectateurs du film «A Night at the Opera».« [C]elui-ci non, celui-là, non plus», c'est ainsi que Barthes a lu ses propres fragments, rédigés à l'encre bleue.La langue étant par nature idéologique, Barthes devait lutter avec elle ; «J'écris parce que je ne veux pas des mots que je trouve : par Études françaises, 30, 3, 1995 1. Je ferai référence à ces livres de Barthes, publiés à Paris chez Seuil : Le Plaisir du texte [PT] (1973) ; Le Grain de La voix:
Source: Études françaises
DOI: 10.7202/035958ar
Author: Armine Kotin Mortimer
Language: French
Subfield: Literature and Literary Theory
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2003048843
