Year: 1974
Type: article
Abstract: Puisque des rencontres anciennes et des souvenirs de jeunesse me valent l'honneur d'ouvrir nos débats, permettez-moi de rendre force à une formule usée et de souligner combien cet honneur est dangereux.Certes, le baroque a aujourd'hui droit de cité dans l'Université française.Cela n'a pas été sans peine, et nous devons beaucoup de reconnaissance à nos maîtres qui ont gagné cette première bataille.Est-ce à dire que, pour employer une expression de Pierre Mesnard, le « monstre baroque ait été complètement « apprivoisé » ?Je n'en suis pas très sûr.Il y a neuf ans, ici même, Jean Rousset posait la question : « Peut-on définir le baroque ?», et il se demandait aussitôt : « Cette question est-elle tout à fait folle ?», car, ajoutait-il, « chacun semble avoir son " baroque " » 1 .Neuf ans plus tard, je ne sais pas si nous sommes plus avancés.Pour le scandale de beaucoup de bons esprits, le contenu de la notion de baroque reste toujours aussi flou et controversé.Son « statut épistémologique », pour employer une formule à la mode, n'est toujours pas précisé.La querelle du baroque typologique et du baroque historique n'est peut-être pas close.Or, si nous ne sommes pas plus avancés, en revanche nous avançons.Non contents de parler d'art baroque et de littérature baroque, nous prétendons aujourd'hui parler d'une pensée baroque.Sans doute avons-nous raison, car c'est peut-être ainsi que nous découvrirons, sinon la clé du baroque, du moins certains de ses traits fondamentaux.Mais nous devons aussi penser que nous nous préparons, avec une audace paisible et peut-être inconsciente, à ajouter aux dangers et aux incertitudes du baroque les difficultés et les incertitudes de l'histoire des idées.Vous m'accorderez donc qu'il n'est pas sans péril d'ouvrir ce débat et qu'il serait plus confortable de le clore: enrichi des connaissances et des vues générales que vous allez verser au dossier, je pourrais aisément marquer les accords et les dissonances.Je dois au contraire avancer à tâtons et je vous demande pardon à l'avance de ce qu'il y aura d'incertain dans ma démarche. 3Poser le problème d'une « pensée baroque » n'est en soi ni radicalement nouveau, ni surtout inattendu.Les historiens de l'art ou de la littérature baroque n'ont jamais prétendu que les formes qu'ils étudient, lors même qu'elles sont soumises à des lois et des Rapport d'ouverture Baroque, 7 | 1974
Source: Baroque
DOI: 10.4000/baroque.438
Author: Jacques Roger
Language: French
Subfield: Philosophy
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2012460248
