Year: 2009
Type: article
Abstract: L a première définition de la terre d'israël est donnée dans la première annonce divine à Abram, convié à quitter son pays, la terre de ses ancêtres, la maison de son père, pour la « terre que je te ferai voir », une terre qui n'est ni nommée, ni désignée concrètement mais dont la vue est l'objet d'un report dans le temps (au futur) et dans l'espace, puisqu'il s'agit d'aller dans sa direction.Mais quelle est cette direction ?Aucun repère géographique n'est donné à Abram qui ne sait qu'une chose, c'est qu'il quittera la terre où il a des racines pour un pays en attente d'être nommé et désigné.Quel est le sens de cette attente ?en quoi est-elle une propédeutique nécessaire à l'accès à la terre d'israël ?Nous renseigne-t-elle plus sur la préparation spirituelle d'Abram qui n'est pas encore Abraham, ou sur la nature de ce pays ?en tel cas, c'est comme si la terre était de prime abord cachée, retirée à la saisie intellectuelle et physique, le produit de la sortie et de la marche d'Abram, de sa capacité de s'arracher à son terreau originel.il y a là tout un enseignement de la façon de procéder à son égard.Le trait le plus saillant qui en découle concerne son retrait hors du paysage des terres émergées et, très logiquement, l'impossibilité de la regarder et de la contempler concrètement.Comme elle est annoncée, néanmoins, elle est l'objet d'une vision intérieure, suscitée par l'attente et la démarche consécutives à l'annonce divine : cette terre ne se donne pas immédiatement.La vision impulse la marche, le départ, mais le regard n'est pas encore possible.
Source: Pardès
Author: Shmuel Trigano
Institution: Université Paris Nanterre
Language: French
Subfield: Religious studies
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2013385344
