Year: 2002
Type: article
Abstract: par l'acceptation d'un Etat palestinien Entretien avec Théo Klein, 2 juillet 2002 Maitre Théo klein est avocat aux barreaux de Paris et d'Israel.Il a été de 1942 à 1944 l'un des responsables de la résistance juive.Président du CRIF de 1983 à 1989, il a écrit en 1988 avec Hamadi Essid, alors secrétaire général de la Ligue arabe, un ouvrage sur le conflit au Moyen-Orient (Deux vérités en face, éd.Lieu Commun, 1988).C'était le premier dialogue important entre deux personnalités de cette importance.Ce fut aussi le début d'une longue amitié.Hamadi Essid, toujours animé de cette volonté de dialogue, fonda en 1991 Confluences-Méditerranée. Théo Klein est une figure forte et libre du judaisme français, toujours prêt à entretenir ce dialogue.-Confluences Méditerranée : Votre livre, Le manifeste d'un juif libre, est très optimiste.Par rapport à la situation actuelle, réoccupation etc..., maintenez-vous cet optimisme?Théo Klein : Je maintiens mon optimisme tout en reconnaissant que j'ai du mal à l'expliquer, parce que dans l'immédiat les signes d'optimisme ne trouvent pas de confirmation, ni d'un côté ni de l'autre.Mais mon optimisme n'est pas fondé sur la politique du gouvernement israélien actuel ni sur les attitudes de l'Autorité palestinienne.Il est fondé sur le fait que je constate, chaque fois que je me trouve avec des Palestiniens ou chaque fois que je me retrouve avec des Israéliens, que très rapidement des affinités s'affirment et que le dialogue est possible.Je dirais même qu'à la limite on finit par apercevoir un désir commun de faire quelque chose ensemble.C'est cela qui nourrit mon optimisme.Ce n'est pas la politique actuelle du gouvernement Sharon que je considère comme une non-politique.Ce gouvernement d'Union nationale fait de ce gouvernement un CONFLUENCES Méditerranée -N° 43 AUTOMNE 2002 125 Association soutien à la revue Confluences Méditerranée | Téléchargé le 16/09/2026 sur https://shs.cairn.info(IP: 185.158.134.241)gouvernement de contradictions, dans l'impossiblité d'avoir une ligne politique qui pourrait traduire un consensus politique israélien.En fait, si j'essaye de réfléchir à la situation politique en Israël, je me dis que le seul qui pourrait traduire un consensus, c'est M. Sharon.Il a au moins l'avantage d'avoir été élu par 63% de la population israélienne.A lui tout seul, il pourrait exprimer un consensus, même si on ne sait pas bien pourquoi la population l'a élu.Une chose est sûre : il a été élu pour rétablir la sécurité.Paradoxalement, cette même population serait majoritairement d'accord pour l'évacuation des territoires.Il pourrait parfaitement, sans trahir le vote dont il a bénéficié, élaborer et proclamer une politique de reconnaissance de l'Etat de Palestine, d'acceptation d'un retour à une frontière de 1967 modifiée autour notamment de Jérusalem.Il peut justifier cette modification par le fait que, pendant des années, ce sont les Arabes qui ont refusé de s'asseoir autour d'une table, ce sont eux qui ont refusé qu'il puisse exister quelque part un Etat de Palestine.Il s'est créé une situation de fait et c'est sur cette situation de fait qu'il est difficile de revenir.Mais il me semble que l'on pourrait parfaitement arriver à un accord avec les Palestiniens compte tenu de ces différents éléments.A lui tout seul, Sharon pourrait être l'homme qui proclamerait cette ligne politique et qui pourrait recueillir un large consensus.Le problème est de savoir si Sharon peut penser de cette manière-là ?Trois jours avant son élection, il m'a dit qu'il n'y avait pas de solution militaire, qu'il n'y avait qu'une solution politique à ce conflit.Le problème auquel il est confronté, c'est celui de savoir s'il y aura en face un Etat palestinien capable de rétablir l'ordre et notamment d'empêcher les attentats kamikazes.Personne n'a vraiment de réponse à ce problème.Autant je comprends parfaitement bien que seuls les Palestiniens peuvent désigner leur président ou leur leader, autant il semble qu'Arafat soit aujourd'hui très affaibli.Je me donne le droit de m'insérer par la parole dans les affaires israéliennes, mais je ne me sens pas autorisé à analyser de l'intérieur la situation du côté palestinien.Je continue de considérer que théoriquement Sharon est le seul capable de faire ce geste de reconnaissance de l'Etat palestinien.Mais je dois reconnaître que je n'aperçois pas de signes clairs de cette volonté.
Source: Confluences Méditerranée
Authors: Théo Klein, Jean-Paul Chagnollaud, Régine Dhoquois-Cohen
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2017167944
