La force morale de la gendarmerie. Autorité et identité professionnelle dans la France du premier xixe siècle
Year: 2008
Type: article
Abstract: Résumé Si le gendarme est incontournable pour saisir la nature et l’exercice de l’autorité au xix e siècle, ce n’est pas tant parce qu’il apparaît comme une figure élémentaire et emblématique de l’autorité que parce que sa position se révèle ambiguë. Est-il une autorité, a-t-il l’autorité, n’est-il que l’agent de l’autorité ? Se repose-t-il d’abord sur sa stature individuelle ou bien sur son seul statut institutionnel pour faire autorité ? Faute de pouvoir prétendre à une autorité que les autorités administratives et judiciaires refusent de reconnaître, les responsables de la gendarmerie ont mis en avant une expression de substitution, la force morale , pour désigner l’influence spécifique qu’ils revendiquent. La formule est heureuse parce qu’elle permet de surmonter d’une part les contradictions d’une force publique qui peine à imposer son monopole sur la violence légitime et d’autre part le paradoxe d’une force armée priée de ne pas faire usage de ses armes. La gendarmerie doit se prévaloir d’une autorité qui la dépasse et afficher cette sujétion à la loi pour mieux l’imposer aux administrés.
Source: Le Mouvement social
DOI: 10.3917/lms.224.0035
Author: Aurélien Lignereux
Language: French
Subfield: Law
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2032316868
