Year: 2003
Type: article
Abstract: Résumé Le champ littéraire de l’immédiat après-guerre est dominé par la confrontation entre deux groupes intéressés à imposer leur vision des rapports entre littérature et politique : d’un côté, les écrivains du Parti communiste, rangés sous la bannière du réalisme socialiste ; de l’autre, les tenants de la « littérature engagée », représentés ici par Jean-Paul Sartre, Albert Camus et Roland Barthes. Cette contribution vise à montrer comment ces auteurs ont pu se servir du réalisme socialiste comme d’un repoussoir, aux fins de faire accepter l’engagement comme une conception de la littérature à mi-chemin d’un purisme esthétique stérile et d’une écriture de propagande. Entre 1944 et 1953, on assiste ainsi à la mise en place de stratégies discursives et rhétoriques visant à déclasser le réalisme socialiste, stratégies qui ont largement contribué à en forger la représentation traditionnellement admise : dénonciation de son aporie esthétique et, simultanément, assimilation du réalisme socialiste à un formalisme ; mise en évidence d’un conformisme esthétique qui trahirait la caractère conservateur du communisme stalinien.
Source: Sociétés & Représentations
DOI: 10.3917/sr.015.0247
Author: Benoît Denis
Institution: University of Liège
Language: French
Subfield: Literature and Literary Theory
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2037513098
