Year: 2005
Type: article
Abstract: Classiquement, le symptôme psychosomatique est « bête », contrairement au trouble de la conversion hystérique qui avait permis à Freud de sonder la profondeur et la logique implacable et secrète de la psyché.Pour quiconque a l'habitude de travailler avec les adolescents, cette phrase évoque « l'âge bête », expression qui en dit long sur la question du sens ou du moins de l'intelligibilité de cette population aux yeux des adultes frappés par un refoulement post-adolescent parfois aussi hermétique que l'amnésie des temps reculés de l'enfance.Ce rapprochement des termes n'est pas innocent.Le travail psychanalytique avec les adolescents et les adultes atteints de maladies psychosomatiques semble résonner sur plusieurs cordes similaires.Il suffit de penser au corps, présent ici d'entrée de jeu en tant qu'élément de la réalité, explicite ou implicite, ou alors au souci particulier chez l'analyste d'évaluer l'économie du fonctionnement psychique dans ces deux cas de figure et d'adapter les approches thérapeutiques.N'est-il pas frappant de constater que le terme « bête » s'impose dans des situations critiques représentant le plus souvent un tournant décisif dans l'histoire d'un individu ?Dora, la première adolescente de l'histoire de la psychanalyse, est en ce sens un cas paradigmatique, comme nous l'ont brillamment démontré P. Marty, M. Fain, C. David et M. de M'Uzan en 1968, en reprenant ce joyau de la clinique freudienne du point de vue psychosomatique.Ces auteurs soulignent l'étrange coexistence d'une symptomatologie somatique symbolique de nature clairement conversionnelle (toux, aphonie, troubles respiratoires) et celle, plus « actuelle », qui marque au contraire l'échec de la symbolisation (migraine, asthénie).
Source: Adolescence
DOI: 10.3917/ado.052.0403
Author: Irène Nigolian
Language: French
Topic: Psychology and Mental Health
Subfield: Clinical Psychology
Field: Psychology
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2038440600
