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Les rapports villes-campagnes : le sens prévisible de leurs lignes d'évolution

Year: 1954
Type: article
Abstract: Résumé. Provoquée par la houille et le haut fourneau, la concentration industrielle et urbaine, commencée en Europe occidentale au siècle dernier, affecte maintenant tous les continents. Ce fait universel, et qui souvent va même en s'accélérant, est tenu, explicitement ou implicitement, comme inéluctable et irréversible. Les avantages de la vie rurale compensent de moins en moins, croit-on, ceux de la vie citadine. Effectivement, les considérations de climat, de micro-climat, d'habitat, décident maintenant, beaucoup plus qu'autrefois, du choix de la résidence. Si aujourd'hui la jeunesse citadine se plaît à affronter les neiges et la solitude hivernale de la montagne, c'est en ski et point pour toute la mauvaise saison. L'œuvre de l'agronome René Dumont illustre la thèse de la dépopulation rurale, non seulement inévitable mais souhaitable et bienfaisante. Aux Etats-Unis, les farmers (15 % de la population) suffisent non seulement à ravitailler le pays, mais à produire en outre des masses de vivres considérables : blé, maïs, fruits, lait concentré, que leur vente au dehors s'avère hérissée de difficultés parfois insurmontables. Par contre, l'œuvre de l'économiste géographe François Gravier illustre l'antithèse d'une concentration urbaine néfaste pour être excessive :« Paris et le désert français». D'ailleurs, avec les nouvelles sources d'énergie, la houille blanche, le pétrole, bientôt l'atome, qui sont aisément transportables et disséminables, le monde est passé, d'ores et déjà, de la concentration à la déconcentration des industries, en sorte que tout porte à croire que l'avenir est promis , aux campagnes urbanisées sur le modèle suisse, belge ou hollandais, anglais ou nord-américain. Dans le cycle évolutif des rapports villes-campagnes, le cas de la France est maintenant aberrant. Depuis 1950, la dépopulation rurale a repris en France avec une virulence plus forte que jamais. Mais ce n'est plus pour des raisons naturelles. C'est pour des raisons, politiques. En 1944-1946, les lois sociales ont discriminé salariés et non-salariés, citadins et ruraux. La Suisse, cependant, accordait des mesures préférentielles à ses montagnards , et l'Angleterre aux habitants de ses « marginal-lands». Mais en France, pas la moindre subvention au retourneur de lande ou de vieille prairie, Ainsi, le paysage français actuel est-il affecté par la friche beaucoup plus que celui de tous les pays voisins. Et pourtant, grâce à la forte production des provinces demeurées vivantes et tenues, Ouest, Centre-Nord, Est, Languedoc, l'agriculture française souffre de surproduction, notamment pour le vin et la viande. Le marché français n'est point assez fort demandeur. La France est sous-peuplée relativement à tous les pays voisins.
Source: Norois
Language: French
Subfield: Urban Studies
Open Access status: green
OpenAlex ID: W2045829798
FWCI: 26.27
Cites:
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