Year: 2011
Type: article
Abstract: Jean-Loup AmselleOn sait que Nicolas Sarkozy, sous l'impulsion de ses conseillers en communication (spin doctors), a décidé de placer son mandat sous le signe de la narrativité (story telling) d'un récit présidentiel axé sur la succession d'une série de séquences.C'est par la scansion de ces séquences que peut être assuré l'art du contre-pied et du rebond qui permet au locataire de l'Élysée de surprendre ses adversaires à la manière d'un insaisissable furet, jamais là où on l'attend .L'objectif d'ensemble étant bien entendu d'opérer la fragmentation, le morcellement et la division de l'électorat de façon à réunir un conglomérat d'électeurs de toutes tendances et origines sociales, celui-là même qui lui a permis d'obtenir haut la main la victoire lors de la dernière élection présidentielle.Nombre de séquences de ce récit ont concerné, depuis mai 2007, la question ethnique, raciale et culturelle sans que cet exercice dûment programmé revête les traits d'un principe purement univoque.Ainsi l'« ouverture à gauche » du début du mandat, qui a vu le recrutement de ministres, de secrétaires d'État ou de responsables « issus de la diversité » (Rachida Dati, Fadela Amara, Rama Yade), s'est accompagnée d'un discours à tonalité barrésienne prononcé à Dakar en 2007.De même, la séquence « statistiques ethniques » tournée vers la réalisation de la discrimination positive et placée également sous l'égide d'un « issu de la diversité » (Yazid Sabeg) a-t-elle eu l'immense mérite de diviser la gauche en réussissant à dresser sa composante « multiculturelle et postcoloniale » contre sa composante « républicaine », celle-ci étant vouée aux 1. Voir à ce sujet, J.-L.Amselle, « Un pôle de radicalité », Lignes, 2008, n° 25, p. 35-50.
Source: Lignes
Author: Jean-Loup Amselle
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2051001604
