The General of the Five Paths in Tang and pre-Tang China
Year: 1996
Type: article
Abstract: La doctrine des Cinq "Gati " (Voies de renaissance, ou conditions d'existence des êtres) pénétra en Chine avec le bouddhisme. Dès le début du IIIe siècle, les bouddhistes chinois rencontraient un "Grand Esprit en Charge des Cinq Voies" dans leurs traductions archaïques d'Ecritures indiennes. Progressivement le Dieu des Cinq Voies s 'introduisit dans la vie des Chinois. Des informations plus tardives suggèrent que vers le VIe siècle, il s'était acquis une image menaçante et bénéficiait d'un culte populaire "incontinent" dans la région du bas Yangzi et sur la côte orientale. Selon un récit, une femme rêva que vint l'importuner un gigantesque dieu velu de dix pieds de haut. Selon un shamane, il s 'agissait du "Général des Cinq Voies" et cette visite domiciliaire était un mauvais présage. Une tradition plus tardive des Song du Sud affirme que l'Empereur Wu des Liang (r. 502-549), le zélé empereur à qui est attribuée la fondation de certains rites majeurs du bouddhisme chinois, démantelait à l'est les sacrifices sanglants des dévots des Cinq Voies par le biais d'un culte avec offrandes végétales aux Six Voies. Il espérait ainsi mettre fin en Chine à l'abattage rituel. Le sens de diversion d'un culte païen de l'est et de sa récupération par le bouddhisme orthodoxe se renforce et se précise dans une autre relation datée des Song du Sud à propos d'une vision du VIe siècle : à Hailing, ville de la côte est, le prêche d'un moine est interrompu par l'irruption du "Grand Dieu des Cinq Voies" et de son escorte. Le dieu demande de pouvoir prendre les vœux bouddhiques, puis s'en va, dit-il, pour patrouiller le long des côtes de la Mer de l'Est. Dès le VIe siècle, nous le voyons assumer une fonction rituelle dans des pratiques funéraires. Des registres de biens à joindre à une tombe lui sont adressés et les biens sont confiés à sa charge. Il semble qu'il ait le poste d'un officier d'immigration à la frontière du pays des morts. Dans les sources Tang, ce dieu monstrueux du sud-est classique appartient franchement et visiblement à la hiérarchie divine du monde souterrain, même si la théologie des gati est incertaine et confuse. Dans plusieurs sources, le Dieu (Officier, Général) des Cinq Voies continue à servir dans les lugubres prétoires du monde souterrain; il est parfois appelé par sorcellerie à effectuer des œuvres nuisibles, parfois désireux d'échapper à son environnement pénitentiaire grâce à une renaissance céleste. Des sources anecdotiques montrent son rôle, comme celui d'autres membres de la hiérarchie divine, tenu en succession par les âmes de défunts. Durant les VIIe, VIIIe et IXe siècles, le nom du même dieu apparaît parmi ceux qu'on invoque dans les rites du bouddhisme ésotérique. Invoqués avec lui figurent d'autres figures familières du monde souterrain: le roi Yama, le seigneur du Taishan, les assesseurs des destinées. Avec eux, il apparaît aussi dans le calendrier rituel des prières mensuelles, son jour titulaire tombant le quinze du mois. Des échos de ce culte médiéval sont parvenus jusqu'au XXe siècle dans plusieurs parties de la Chine du Nord. Ils vont de pair avec le culte des Dix Rois des Enfers, groupe formé sous les Tang, au sein duquel le Général des Cinq Voies était incorporé comme dixième membre.
Source: Cahiers d Extrême-Asie
Author: Glen Dudbridge
Language: French
Topic: Indian and Buddhist Studies
Subfield: Religious studies
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: green
OpenAlex ID: W2051865148
