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Prendre soin de sa technè

Year: 2011
Type: article
Abstract: Distribution électronique Cairn.infopour Érès.Distribution électronique Cairn.infopour Érès.La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement.Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France.Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.Article disponible en ligne à l'adresse Article disponible en ligne à l'adresse https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2011-3-page-33.htmDécouvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s'abonner... Flashez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur Cairn.info.© Érès | Téléchargé le 19/07/2024 sur www.cairn.info(IP: 172.81.113.225)© Érès | Téléchargé le 19/07/2024 sur www.cairn.info(IP: 172.81.113.225)Soin, prendre soin, soigner sont des mots anciens qui semblent promis à une nouvelle jeunesse, dans des domaines qui débordent largement l'univers du soin de santé dans lequel ils sont également remobilisés.Ces mots entrent dans des configurations sémantiques qui portent et sont portées par des discours ayant pour vocation de décrire à nouveaux frais l'état du monde et d'inciter à penser et entreprendre des actions réorientées.Ainsi, on trouvera par exemple le (prendre) soin à côté de « souffrance (psychique) », de « victime », ou d'« inadaptation » dans les registres du « traumatisme » ou de la « vulnérabilité » (guerre, catastrophe naturelle, agression sexuelle, inégalités sociales).En médecine, (prendre) soin est volontiers couplé à « humanisme », « empathie », dans des discours qui déplorent la mécanisation de l'hôpital, l'allégeance de la thérapie aux biotechnologies, pour revaloriser les soins de base, de support, de confort, et la dimension relationnelle sans laquelle l'action soignante serait dénaturée.L'expansion florissante du (prendre) soin pose question : s'agit-il d'une perspective nouvelle pour appréhender l'être-au-monde d'aujourd'hui comme une disposition soignante : soin de soi, soin de l'autre singulier, soin collectif (la politique ou l'agir social comme soin), soin de la terre, etc. ?Alternativement, on dira que le monde a réellement changé, qu'il est devenu plus dur, et que le soin est la réponse nécessaire et ajustée à ce diagnostic de réalité.Dans les deux cas toutefois, la notion de soin déborde de la seule description des choses pour le champ normatif : « il faut », « nous devons » prendre soin.Dans les deux cas, c'est une notion très ancienne qui se trouve actualisée, revisitée, et qui entre dans différents jeux de langage : redécouverte d'un essentiel oublié, ou nouvelle mise en forme destinée à promouvoir d'autres idéologies ?Il reviendra à d'autres de décrire l'archéologie et de tracer la généalogie de la pensée du soin, mais on ne manquera pas d'être attentif au paysage au sein duquel le (prendre) soin occupe aujourd'hui une place discursive importante.
Language: French
Subfield: Philosophy
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2052448013
FWCI: 2.622
Cites: 17
Cited by: 6
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