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Sade et la désexualisation médiatique

Year: 2004
Type: article
Abstract: Découvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s'abonner... Scannez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur Cairn.info. Distribution électronique Cairn.info pour Éditions Léo Scheer.Vous avez l'autorisation de reproduire cet article dans les limites des conditions d'utilisation de Cairn.infoou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement.Détails et conditions sur cairn.info/copyright.Sauf dispositions légales contraires, les usages numériques à des fins pédagogiques des présentes ressources sont soumises à l'autorisation de l'Éditeur ou, le cas échéant, de l'organisme de gestion collective habilité à cet effet.Il en est ainsi notamment en France avec le CFC qui est l'organisme agréé en la matière. MARIO PERNIOLA SADE ET LA DÉSEXUALISATION MÉDIATIQUELe sublime sadien Sade est-il encore d'actualité ?Le mythe de Sade est-il voué à disparaître avec le XX e siècle, période où le personnage et son œuvre ont été portés au plus haut degré de solennité et de légitimité ?Je tends à croire que cette actualité existe, mais qu'elle n'apparaît pleinement qu'à travers une analyse du contexte historique de sa sensibilité esthétique, qui trouve son radicalisme le plus profond dans l'expérience du sublime.Je pense en particulier au sens dans lequel Edmund Burke, au XVIII e siècle, entend cette catégorie esthétique.Il dissout en effet l'opposition entre plaisir et douleur, entre désir et peur, pour braquer son attention sur des sentiments d'horreur suscités par tout ce qui est terrifiant et agit de manière analogue à la terreur.Le sublime est un delightful horror dans lequel l'instinct même de conservation du sujet se métamorphose en désir d'autoanéantissement. Sade a fait sienne la poétique du sublime : dans son Idée sur les romans, il soutient que « le romancier est l'homme de la nature ; elle l'a créé pour être son peintre.S'il ne devient pas l'amant de sa mère dès que celle-ci l'a mis au monde, qu'il n'écrive jamais, nous ne le lirons point ».Quant aux caractères de la nature, il est très explicite : elle est « plus bizarre que les moralistes ne nous la peignent, [elle] s'échappe à tout instant des digues que la politique de ceux-ci voudraient lui prescrire.Uniforme dans ses plans, irrégulière dans ses effets, son sein toujours agité ressemble au foyer d'un volcan d'où s'élancent tour à tour ou des pierres 159
Source: Lignes
Language: French
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2057578034
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