Year: 2011
Type: article
Abstract: Au comité RESF BolivarLampedusa, L'Aquila.Une île d'Europe en pleine mer, étape presque impossible d'un flux d'immigration qui s'intensifie en fonction des événements en Afrique du Nord ; une ville au creux d'une vallée, célèbre pour son centre historique et son laboratoire de physique des particules, puis, malheureusement, en raison du séisme meurtrier de 2009.D'un côté, une population se presse aux frontières, avant d'être retenue et expulsée vers ses divers points d'origine.De l'autre, une population voit s'écrouler ses habitations, avant d'être évacuée, mais aussi bientôt expulsée et retenue dans un camp de fortune, ainsi que dans les hôtels vides et somptueux du bord de mer.D'un côté, les causes de l'expulsion sont géopolitiques, mais semblent politiquement récupérables par le gouvernement italien, qui peut montrer son efficacité dans la lutte contre l'immigration et rappeler la dette que l'Europe contracte envers lui.De l'autre, elles sont simplement géologiques, mais également récupérables, Berlusconi ayant saisi dans la catastrophe l'occasion de montrer ses talents de constructeur, issus directement de ses talents de promoteur immobilier (nous renvoyons au documentaire de Sabina Guzzanti, Draquila).D'un côté comme de l'autre, un rebut d'humanité qu'aucune décision souveraine ne forme, et qui pourtant, soudain, se trouve là, à la portée d'un double mouvement d'expulsion et de rétention, bien plus ample, important, que tout mouvement de récupération.Le rebut humain est retenu puis expulsé, ou expulsé puis retenu, mais il n'est pas détenu puis libéré.On peut faire de la justice, qui sanctionne, emprisonne et tente de réinsérer ceux Éditions Lignes | Téléchargé le 16/09/2026 sur https://shs.cairn.info(
Source: Lignes
Author: Jérôme Lèbre
Language: French
Topic: Migration and Exile Studies
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2065697375
