Year: 2012
Type: article
Abstract: Cet article a pour objet les relations de travail à l’hôpital et pour thèse que la mobilisation collective n’est pas que contestataire mais peut être aussi consensuelle. Pour étayer ce propos, les formes de mobilisation contestataire sont d’abord recensées dans l’univers soignant et différents facteurs sont examinés pour expliquer leur rareté empirique. La soumission (de classe, de genre, etc.) ne peut à elle seule rendre compte de la modération des conflits à l’hôpital. La dimension symbolique du service public et la dimension pratique du care , pertinentes dans ce cadre, jouent un rôle ambivalent. L’examen des contextes organisationnels permet alors de développer une argumentation pour expliquer le « silence » des infirmières, en identifiant des modalités et des conditions d’une dynamique de mobilisation que nous appelons consensuelle : la coopération intense dans certains services, les campagnes participatives pour la qualité des soins, la coordination interprofessionnelle autour de projets ad hoc et l’effet d’entraînement de représentations pratiques nées de mobilisations (consensuelles) antérieures. Autant d’éléments au cœur du travail soignant qui participent à créer une adhésion à une activité professionnelle pénible et utile, même si ces responsabilités locales ne font que reposer au plan général la question du périmètre d’action des soignantes à l’hôpital.
Source: Revue Française de Sociologie
DOI: 10.3917/rfs.533.0461
Author: Ivan Sainsaulieu
Language: French
Topic: Labor Movements and Unions
Subfield: Public Administration
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2069404288
