Ouvriers, Eigensinn et politique dans l'Allemagne du XXème siècle
Year: 1996
Type: article
Abstract: Ouvriers, Eigensinn et politique. L'expérience du travail parmi les ouvriers allemands ne peut-être interprétée uniquement en termes d'intérêts ou de revendications d'un groupe considéré dans sa totalité. À l'aide de sources aussi diverses que l'enquête orale ou l'analyse iconographique, ce sont les représentations et les actions individuelles qui doivent être placées au centre de l'analyse. Ainsi, la maîtrise autonome des machines et des rythmes, le chahut et la fraude, mais aussi l'intériorisation des hiérarchies et des symboles du travail représentent autant de pratiques qui révèlent un souci de désengagement dans la participation, une capacité à créer des modes d'action spécifiques utilisant les lacunes du système de surveillance et de production, et une volonté d'affirmer son quant-à-soi dans la nécessaire solidarité hiérarchisée de l'atelier. Ce désir de « n'en faire qu'à sa tête » (Eigensinn), couplé à l'acceptation valorisante d'un idéal de «travail allemand de qualité», se retrouve dans l'ambiguïté des attitudes politiques des ouvriers, plus axées sur les motivations concrètes que sur les mobilisations globales, et susceptibles de pousser le désengagement jusqu'à la complaisance.
Author: Alf Lùdtke
Language: French
Topic: Labor Movements and Unions
Subfield: Public Administration
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: green
OpenAlex ID: W2071663817
