Year: 1992
Type: article
Abstract: En rebaptisant novela la forme littéraire qu'elle avait auparavant nommée romance, la langue espagnole a enfoui dans Toubli la complicité originelle entre cette forme et la parole commune, complicité que le français roman, l'italien romanzo, le portugais romance continuent heureusement de rappeler.À l'origine, mettre en roman -aujourd'hui, nous disons romancer -n'est pas autre chose que mettre dans la langue courante.Mais les langues ont parfois beau instaurer des oublis, les pratiques se chargent de les réparer: dès le début du XIX e siècle, moment de l'émergence du roman sur le continent, les romanciers hispanoaméricains, comme ceux de toute l'Amérique dite latine, se donnent le but essentiel d'ouvrir leurs textes à l'éloquence vulgaire.Comme j'ai essayé de l'illustrer ailleurs 1 , l'écriture romanesque continentale, avide de la discursivité de la formation sociale en conjoncture, tente, dès sa naissance, d'explorer sans répit les innombrables manières de dire le monde propres à l'entourage social, en les intégrant à son corps.Cependant, durant plus d'un siècle, sauf de rares exceptions, cette tentative d'exploration et d'intégration est vouée à 1. «Pour une écoute bakhtinienne du roman latino-américain >
Source: Études françaises
DOI: 10.7202/035880ar
Author: Javier Garcia Méndez
Language: French
Subfield: Literature and Literary Theory
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2072989156
