Year: 2011
Type: article
Abstract: Deux écrivains japonais célèbres du début du xxe siècle, Masaoka Shiki (1867-1902) et Natsume Sôseki (1867-1916), ont saisi dans leurs œuvres certaines dimensions essentielles de l’expérience corporelle. Ils ont en effet décrit de manière précise les souffrances de la maladie, mais aussi les rapports des individus à la nourriture. Dans ses essais au fil du pinceau, Une goutte d’encre (1901), Un lit de malade, six pieds de long (1902), Masaoka Shiki tient une sorte de chronique de sa vie de tuberculeux gourmand, toujours avide manger, même quand les souffrances les plus atroces l’assaillent. Dans ses essais lui aussi (Choses dont je me souviens, 1910-1911 ; À travers la vitre, 1915), mais surtout dans ses romans, comme Je suis un chat (1905-1906), Le Mineur (1908) ou Clair-obscur (1916) par exemple, Natsume Sôseki met souvent en scène des personnages malades ou maladifs, à l’appétit contrarié. Cette attention aiguë portée à la singularité des corps est si riche qu’elle mérite en elle-même d’être analysée en détail. On pourra ensuite se demander dans quelle mesure les corps représentés par ces auteurs sont ancrés dans un contexte historique et culturel particulier. Existe-t-il, selon eux, une manière proprement japonaise de souffrir et d’avoir faim ?
Source: Itinéraires
Author: Emmanuel Lozerand
Language: French
Topic: Japanese History and Culture
Subfield: Cultural Studies
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W2090168897
