Year: 2006
Type: article
Abstract: > La maladie de Parkinson est une maladie neurodegenerative invalidante. Elle se caracterise par une rigidite musculaire, une lenteur des mouvements (bradykinesie) et un tremblement de repos auxquels s’ajoutent parfois d’autres manifestations neurologiques telles que des troubles cognitifs. Cette maladie est due a une perte progressive et selective des neurones dopaminergiques, situes dans la substantia nigra. La maladie de Parkinson a longtemps ete consideree comme une maladie neurodegenerative purement idiopathique. Le role des facteurs environnementaux semble modeste et une contribution genetique est suspectee depuis longtemps. Ainsi, des 1900, Gowers rapportait que 15 % de ses patients presentaient une histoire familiale. Au cours des dix dernieres annees, l’existence de rares formes familiales compatibles avec une transmission mendelienne, et surtout l’identification de mutations deleteres qui co-segregeaient avec la maladie dans les familles, ont permis des avancees spectaculaires dans la comprehension de la physiopathologie de la maladie de Parkinson, une meilleure definition du phenotype associe et le developpement d’outils pronostiques et diagnostiques. Ainsi, des mutations dans le gene de la parkine (pres d’une centaine differentes identifiees a ce jour) rendent compte d’environ 50 % des formes autosomiques recessives avec un debut de la maladie avant 40 ans, alors que les mutations des genes de PINK1 (PTEN-induced putative kinase) et de DJ-1 sont beaucoup moins frequentes [1]. Les mutations dans les genes α-synucleine et UCHL1 (ubiquitin carboxy-terminal hydrolase L1) n’expliquent que 2 % des formes autosomiques dominantes de la maladie de Parkinson. La decouverte recente du gene LRRK2 (leucine-rich repeat kinase 2) qui code la dardarine, a revolutionne la genetique de la maladie de Parkinson puisqu’une seule mutation, G2019S, explique a elle seule une proportion importante des formes autosomiques dominantes de la maladie de Parkinson et aussi, de facon tres interessante, des formes communes idiopathiques, dans certains sous-groupes de patients parkinsoniens. La mutation G2019S est localisee dans l’exon 41 du gene LRRK2, dont la taille est de 144 kb avec 51 exons codants. Cette mutation a ete initialement associee a 6-7 % des formes familiales de la maladie de Parkinson d’origine europeenne [2, 3] et a 2 % des cas apparemment isoles [4]. Depuis, de nombreuses etudes montrent que la frequence de la mutation G2019S varie considerablement selon l’origine geographique et ethnique des populations etudiees (Figure 1) [5]. Tres rare en Asie (<0,1%) [5], elle explose en Afrique du Nord ou elle atteint 37 % dans les formes familiales de la maladie de Parkinson [6] contre 3 % des cas familiaux d’origine europeenne [7]. De maniere interessante et inattendue, cette mutation a egalement ete retrouvee chez 41 % de cas apparemment isoles d’origine maghrebine contre S. Lesage : Inserm U679, « Neurologie et Therapeutique Experimentale », Hopital de la Pitie-Salpetriere, AP-HP, Universite Pierre et Marie Curie. A Durr : Inserm U679, « Neurologie et Therapeutique Experimentale », Hopital de la Pitie-Salpetriere, AP-HP, Universite Pierre et Marie Curie, Departement de Genetique, Cytogenetique et Embryologie. A. Brice : Inserm U679, « Neurologie et Therapeutique Experimentale », Hopital de la Pitie-Salpetriere, AP-HP, Universite Pierre et Marie Curie, Departement de Genetique, Cytogenetique et Embryologie, Federation des Maladies du Systeme Nerveux. Groupe hospitalier Pitie-Salpetriere, AP-HP, 47, boulevard de l’Hopital, 75651 Paris Cedex 13, France. [email protected]
Source: médecine/sciences
Authors: Suzanne Lesage, Alexandra Durr, Alexis Brice
Language: French
Subfield: Neurology
Field: Medicine
Domain: Health Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2100923660
