Work

Vues de Casablanca

Year: 2008
Type: article
Abstract: DÈS LE DÉBUT de Casablanca, le lecteur est prévenu : les souvenirs, et en particulier les souvenirs d'enfance que Marc Augé relate dans ce merveilleux petit livre ne constituent pas une autobiographie (p.9), pas plus qu'ils ne forment un matériau durable pour des mémoires ou des confessions -genres auxquels, résolument, échappe Casablanca.C'est plutôt à un « montage » que l'auteur s'exerce, brisant la chronologie, l'ordonnancement, la sédimentation de leur évocation, renvidant le fil qui devrait objectivement les relier afin de mieux les faire sortir de leurs gonds, et annonçant, matois -comme pour se détacher plus nettement de la linéarité du récit autobiographique classique -, que le choix d'autres souvenirs et d'un autre montage (celui-ci dès lors écrit sans guillemets) eût été possible.Le montage, et le montage cinématographique, est toujours une hypothèse ou un magasin d'hypothèses sur l'écoulement du temps et le fonctionnement de la mémoire.J'examinerai cet aspect plus loin 1 .Significatif est, me semble-t-il, le titre qu'un autre artisan du montage de souvenirs donna à la somme que faute d'un terme plus adéquat il est convenu d'appeler « autobiographique » mais que l'auteur (Leiris 2003) a toujours préféré qualifier d'essais : La Règle du jeu, dont le premier tome paru en 1948, n'est pas sans faire penser, évidemment, au film homonyme (et maudit) de Jean Renoir réalisé en 1939.Que cela fût conscient ou non de la part de Michel Leiris, l'œuvre qu'il conçut s'apparente bien formellement à un film gigogne où les souvenirs -sorte de « rushes de la mémoire », ÉTUDES & ESSAIS
Source: L Homme
Author: Jean Jamin
Language: French
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W2110737852
FWCI:
Cites: 4
Cited by:
Related to: 10