Year: 2008
Type: conference-paper
Abstract: IntroductionDepuis Bally, la linguistique énonciative s'est développée comme une spécialité française.Aujourd'hui, elle occupe, sous ses différentes formes, une place importante dans le paysage linguistique français.Un de ses rejetons, devenu vigoureux avec l'âge, est la polyphonie linguistique.Dans cet article, je présenterai d'abord un bref historique de l'évolution de la polyphonie linguistique, après quoi je proposerai une introduction à la version scandinave de cette théorie : la ScaPoLine (la théorie SCAndinave de la POlyphonie LINguistiquE).Je tenterai enfin de montrer, sur quelques exemples, comment celle-ci est susceptible non seulement d'expliciter l'apport de la forme linguistique à l'interprétation du discours, mais aussi de servir d'outil heuristique pour des analyses de divers phénomènes linguistiques. Bref historiqueLa notion de polyphonie a conquis la linguistique.Émanant d'études littéraires post-bakhtiniennes, le terme a envahi progressivement les analyses sémantiques ou pragmatiques.Sa popularité s'explique sans doute par la souplesse de la notion qui s'y rapporte.Le terme appelle une intuition immédiate.On a d'une certaine façon le sentiment que la langue est polyphonique.Tout discours semble en cacher un autre, simplement en raison du fait qu'il ne se produit jamais dans le vide, mais toujours dans un contexte qui appelle d'autres discours, déjà produits, à venir ou simplement imaginés.C'est la grande leçon que nous a apprise Bakhtine.Pourtant, dès que l'on tente d'expliciter en quoi consiste cette polyphonie, on se rend compte que la tâche est loin d'être simple.Un aperçu -même rapide -des emplois auxquels le terme a donné lieu, révèle immédiatement que la polyphonie joue à plusieurs niveaux d'analyse et qu'il y a presque autant de conceptions de cette notion que de linguistes qui s'en servent. Qu'est-ce que la polyphonie ?La première question qui se pose est donc la suivante : qu'est-ce que la polyphonie linguistique ?Intuitivement, tout texte fait parler plusieurs voix.Le locuteur se positionne par rapport à d'autres locuteurs, réels où simplement imaginés par lui, qu'il fait parler à travers son texte.Mais comment ces voix se manifestent-elles ?Comment peut-on les entendre ?Quelles sont leurs interrelations ?Et quelles sont leurs relations à la voix du locuteur ?Autant de questions, autant de problèmes à résoudre.Constatons tout d'abord que la polyphonie est un fait d'interprétation.La polyphonie fait partie du sens que l'allocutaire attribue au texte qu'il entend ou lit.Il arrive qu'un texte qui est polyphonique pour tel interlocuteur ne le soit pas pour tel autre.Mais il y a aussi des textes qui sont perçus comme polyphoniques par tout un chacun (du moins après réflexion) indépendamment de leurs contextes.La forme linguistique semble donc également jouer un rôle important pour la genèse de la polyphonie.Mais comment ?Un autre problème découle du fait que les mêmes phénomènes ne sont pas perçus comme polyphoniques par tous les chercheurs.Pour certains, la polyphonie est un phénomène textuel par excellence.Ainsi, pour le grand précurseur, Michaël Bakhtine, la polyphonie caractérise un type de texte : le roman
DOI: 10.1051/cmlf08343
Author: H. Nølke
Institution: Aarhus University
Language: French
Subfield: Philosophy
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2115136566
