Year: 2010
Type: article
Abstract: Résumé Cet article vise à mettre en évidence la manière dont la méthodologie ethnopsychiatrique mise en œuvre au centre Georges-Devereux traite la difficulté formulée par Devereux comme « perturbation » de l’observé par l’observateur et réciproquement – difficulté accrue quand il s’agit de patients migrants. Dans ce cas en effet, les propositions interprétatives s’appuyant sur des traductions courent toujours le risque de réduire les logiques d’un monde à celles d’un autre. La pratique de la médiation s’appuiera au contraire sur les zones d’intraduisible qui constituent le levier principal d’une relation thérapeutique fonctionnelle. Plutôt que de réduire la « perturbation », l’ethnopsychiatrie choisit en effet de travailler avec la multiplicité de ces logiques, et place au cœur de sa pratique clinique l’idée d’une « pensée fabricatrice 1 » – comme pensée fabriquée, et pensée qui fabrique. L’objectif est ici de montrer comment le dispositif ethnopsychiatrique pose les conditions d’advenue d’une pensée nouvelle sur une situation (pensée fabriquée, en commun avec les patients et les institutions à partir des zones d’intraduisible), et comment cette fabrication contraint à la construction d’un cadre produisant des effets psychothérapeutiques (pensée qui fabrique).
Source: Cliniques méditerranéennes
DOI: 10.3917/cm.081.0239
Authors: Lauriane Courbin, Lucien Hounkpatin, Avner Perez
Language: French
Subfield: Cultural Studies
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2128795122
