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Kennedy, Kroutchev et les missiles de Cuba (Partie 6)

Year: 2000
Type: article
Abstract: La stupéfaction de Kennedy et la crédébilité de l'Alliance 2 Si du côté soviétique, la décision tient autant de la frustration et du complexe d'infériorité cultivé par Kroutchev que de son obsession du statut et de la crédibilité de l'Union soviétique comme « puissance mondiale », la réaction américaine quant à elle doit beaucoup à l'indignation et à la colère de Kennedy.On le sait, Kennedy n'attachait pas grande importance à la signification stratégique de ces missiles.Pour autant, il était hors de question de tolérer leur présence à Cuba.Lors de la première réunion de l'ExComm, l'ensemble des participants se prononce en faveur des frappes aériennes, y compris le Président.Deux éléments majeurs, liés à la crédibilité politique du président, nous aident à comprendre sa consternation et sa fureur aux premières heures de la crise.La découverte de ces missiles est d'abord aux yeux de Kennedy un flagrant délit de mensonge et une provocation délibérée de Moscou.Durant les derniers mois, les Soviétiques ont répété à plusieurs reprises que le soutien à Cuba était avant tout politique et économique et qu'ils n'entendaient pas introduire des armes de destruction massive dans les Caraïbes.G. Bolshakov, membre des services secrets soviétiques et relais officieux entre le Kremlin et la Maison-Blanche, a donné de multiples assurances à R. Kennedy sur ce point.Le Président se sent trompé et il ressent amèrement cette duperie.L'hypocrisie et la dissimulation sont telles, qu'il ne cache pas sa perplexité sur leurs significations.Ces missiles mettent le Président devant une situation intenable d'autant plus, et ce second élément est crucial, que Kennedy s'est engagé publiquement à ne pas tolérer leur présence lors de deux déclarations officielles au mois de septembre.Le 4 septembre, P. Salinger avait formellement mis en garde les Soviétiques contre toute éventualité d'armes offensives à Cuba en les avertissant explicitement que leur présence provoquerait une crise particulièrement grave entre Moscou et Washington.Cette déclaration s'adressait tout autant aux Soviétiques qu'à l'opposition républicaine du Congrès qui avait multiplié les critiques vis-à-vis de la politique de la Maison-Blanche envers Cuba.Le sénateur Keating en particulier avait prétendu détenir Kennedy, Kroutchev et les missiles de Cuba (Partie 6) Cultures & Conflits, 36 | hiver 1999 -printemps 2000
Language: French
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W2136935372
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