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Les sciences humaines et l’interprétation

Year: 1980
Type: article
Abstract: IntroductionMon intention dans ce texte n'est pas d'analyser le statut de la preuve dans les sciences humaines, mais plutôt, à l'occasion d'une session qui leur est consacrée, de soumettre une conception de la science qui leur fait place dans un cadre plus englobant : ne pas aborder la question en montrant comment la preuve se réalise dans ces sciences, mais en les situant dans une conception qui déborde ce point de vue.Au moins trois raisons peuvent être invoquées pour justifier cette intention : en premier lieu, on se réfère trop facilement aux lacunes des sciences humaines à l'égard de la preuve, de la démonstration et de la prédiction, pour les exclure du domaine de la science ; une perspective plus large peut faire voir d'autres possibilités d'évaluation de leur situation.En second lieu, on ne semble pas, en ce qui a trait aux objets de ces sciences, pouvoir se défaire des perspectives globales 1 .Enfin, en troisième lieu, et rattaché au précédent, ces perspectives globales sont très souvent ce qui est confusément invoqué pour conclure à la non-scientificité des sciences humaines.Il s'agit en fait d'un domaine de « valeurs » dont on dit qu'il biaise les activités d'expérimentation et de démonstration.Je ne me propose pas non plus, en mettant en valeur un point de vue, celui de l'Ecole de Francfort, de donner à penser 1. Comme c'est, par exemple, le cas de la sociologie chez Fernand Dumont (v.Dumont, 1974, 165 ss.) ; ou de la psychologie pour Georges Canguilhem (v.Canguilhem, 1966) ; ou encore pour les sciences sociales en général, comme on le verra plus loin dans un article de Ch.Taylor (Taylor, 1971).
Language: French
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2151998740
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